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Essai - Mercedes Classe S, rêve bleu sur tapis volant

La nouvelle Classe S, œuvre d'art moderne, tout juste restylée par Mercedes.

La nouvelle Classe S, œuvre d'art moderne, tout juste restylée par Mercedes. - JB

Mercedes revoit son fleuron, la Classe S. Au programme: un rafraîchissement technologique avec un assistant de conduite encore plus poussé que sur sa dernière Classe E. Le confort reste bien sûr de mise pour de futurs propriétaires... surtout tentés de s'installer à l'arrière plutôt que derrière le volant. Ils ne savent pas ce qu'ils perdent!

Quand en conférence de presse, Mercedes-Benz présente sa Classe S comme "la meilleure voiture du monde" (tout simplement), on ne peut s'empêcher d'émettre quelques réserves. Flegme britannique oblige, les Anglais de Rolls-Royce resteraient de marbre face à une telle prétention... mais ils n'en penseraient pas moins. Pour rétablir la vérité, la marque allemande finit par préciser son propos et n'offre plus que "la meilleure berline du monde"... Et c'est déjà pas mal. Alors, richtig oder falsche? (vrai ou faux?, dans la langue de Goethe et de Nico Rosberg).

En attendant le palais du maharadjah pour notre tapis volant, on se contente du palace suisse au coucher de soleil.
En attendant le palais du maharadjah pour notre tapis volant, on se contente du palace suisse au coucher de soleil. © JB

Mais pourquoi la Mercedes Classe S?

Parce que c'est le fleuron de Mercedes depuis 1954. Un étalon du luxe automobile qui a depuis été rejoint par ses compatriotes mais néanmoins concurrents: BMW avec sa Série 7 et Audi avec son A8. Des vitrines des technologies de pointe et des sommets de confort et de performance, comme des manifestes du savoir-faire d'exception des artisans du premium.

Aujourd'hui, c'est aussi (et peut-être surtout) un puisant outil de conquête pour les marchés des pays en forte croissance. La Chine en particulier. En 2016, la marque à l'étoile y a réalisé le tiers de ses ventes mondiales de Classe S. Et dans sa finition la plus haut de gamme, griffée Maybach, la proportion atteint même les deux tiers.

Par rapport à la précédente version, le design évolue peu. Mais cette nouvelle Classe S s'offre une mise à jour technologique et moteurs.

Les nouveautés esthétiques sont peu nombreuses. Principale nouveauté à l'arrière, les feux adoptent un effet cristal.
Les nouveautés esthétiques sont peu nombreuses. Principale nouveauté à l'arrière, les feux adoptent un effet cristal. © JB

Au volant

L'effet "tapis-volant", qui fait la réputation de la marque à l'étoile depuis des lustres, atteint ici des sommets. Dès les premiers kilomètres, le niveau de confort se montre impressionnant.

La moindre vibration est absorbée par plusieurs niveaux de filtres, des suspensions aux sièges massant intelligents. Oui, car ces derniers peuvent se coordonner avec l'ambiance choisie. En optant par exemple pour le mode "Fraîcheur", vous obtiendrez un savant mélange comprenant massage, musique appropriée, ventilation idéale, couleur dominante dans l'habitacle et diffusion de parfum.

Sur le nouvel écran unique (12,3 pouces) hérité de la Classe S et placé au centre de la planche de bord, on passe en mode "Refresh".
Sur le nouvel écran unique (12,3 pouces) hérité de la Classe S et placé au centre de la planche de bord, on passe en mode "Refresh". © JB

Une technologie baptisée "Energizing comfort" et qui se sélectionne depuis l'écran désormais unique, de 12,3 pouces. Enfin, unique, il s'agit en réalité deux écrans, placés derrière un verre d'un seul tenant. Comme sur la dernière Classe E, l'affichage des compteurs numériques se prolonge ainsi sur la partie consacrée à l'infotainment, au centre du tableau de bord. Tout est sous contrôle.

Cette ambiance pour Jasmine et Aladin modernes: le voilà votre rêve bleu sur tapis volant!
Cette ambiance pour Jasmine et Aladin modernes: le voilà votre rêve bleu sur tapis volant! © JB

Cette ribambelle d'options au service de notre bien-être nous promet de passer plein de bons moments au volant... ou pas. Le niveau d'équipement des plus luxueux concerne en effet tous les sièges, avec, en guise de trône suprême, la place de passager arrière droit.

Pourquoi me direz-vous? Le passager arrière gauche a bien lui aussi droit à son écran avec télécommande, son cendrier à cigare, ses ports USB et HDMI, son support pliant pour PC et documents rangé dans l'accoudoir et ses réglages de siège? Mais bonus pour le siège arrière droit: s'il n'y a personne assis devant lui, il peut disposer d'une véritable couchette roulante, du repose-pied à l'appuie-tête tout molletonné.

Les places arrière de la nouvelle Classe S... ou le confort absolu.
Les places arrière de la nouvelle Classe S... ou le confort absolu. © JB

Mais le conducteur dispose aussi d'un appuie-tête bien molletonné, dans lequel il peut se prélasser en roulant à plus de 200 km/h sur l'Autobahn allemande (oui, il ne fallait pas nous tenter). Le tout dans un confort incroyablement préservé.

En mode sport, le V8 biturbo fait bien sûr raisonner les entrailles de notre yacht roulant, mais c'est un doux régal qui vient à lui seul résumer la philosophie de cette classe S qui se veut le compromis idéal entre confort et dynamisme.

L'appuie-tête arrière a aussi son équivalent à l'avant. Il rappelle pratiquement le confort des sièges de classe affaires sur les longs courriers.
L'appuie-tête arrière a aussi son équivalent à l'avant. Il rappelle pratiquement le confort des sièges de classe affaires sur les longs courriers. © JB

"LE" truc en plus: conduire ou se laisser conduire, telle est la question

Après avoir résolu le dilemme de savoir s'il valait mieux se placer à l'avant ou à l'arrière, nous voilà donc installé au volant. Mais là encore... on peut se laisser conduire!

Déjà sur sa dernière Classe E, Mercedes avait montré qu'il était au niveau de ses principaux concurrents en matière de conduite autonome. En résumé: le régulateur de vitesse adaptatif couplé au suivi des lignes de la route transforme le conducteur en observateur des conditions de circulation. Mais pour le moment, il doit toujours être prêt à reprendre le contrôle, législation oblige.

Sur cette nouvelle Classe S, Mercedes introduit un degré supplémentaire d'assistance. Grâce aux données GPS, le véhicule peut anticiper l'arrivée imminente d'un virage et, en fonction du mode de conduite choisi, adapter automatiquement la vitesse d'entrée dans la courbe. En mode sport, la Classe S conservera donc un certain dynamisme, alors qu'en mode confort, elle n'hésitera pas à ralentir pour préserver les passagers.

A noter que ce mode de conduite est ici assez "transparent". Chez Tesla, vous sentez bien la direction se raffermir et la voiture gérer elle-même les courbes, chez Mercedes, difficile de ressentir une modification du comportement dans le volant. La voiture suit ensuite bien les lignes de la route mais dans certains virages, une reprise de contrôle nous a paru nécessaire tant elle semblait s'écarter un peu trop de la trajectoire optimale.

Sous le rétro, une des nombreuses caméras disséminées tout autour de cette Classe S.
Sous le rétro, une des nombreuses caméras disséminées tout autour de cette Classe S. © JB

LE chiffre: 612

C'est le nombre de chevaux affiché par le V8 biturbo sur la nouvelle AMG S 63 4 Matic+ (transmission intégrale avec gestion intelligente de la motricité) que nous avons eu la possibilité de prendre "rapidement" en main. Le downsizing comme on l'aime car la cylindrée est passée de 5,5 à 4 litres, pour un gain de 27 chevaux.

Notre principale version à l'essai, la Classe S560 était équipée du même V8 mais dans une configuration un peu moins puissante: 469 chevaux. Autant dire que nous avions déjà largement de quoi faire mais la version AMG apporte tout de même un niveau non-négligeable de sportivité et une sonorité beaucoup plus affirmée. Les nombreuses options incluses expliquent ainsi la différence de prix entre les deux versions: 61.200 euros tout de même!

Pour les bourses moins pleines, la Classe S reste tout de même un vaisseau de luxe. Le nouveau 6 cylindres en ligne diesel démarre à 91.500 euros et en essence (également un nouveau 6 cylindres) à 102.100 euros.

Les nombreux angles de caméra disponibles sont pratiques pour déplacer le long vaisseau de plus de 5 mètres.
Les nombreux angles de caméra disponibles sont pratiques pour déplacer le long vaisseau de plus de 5 mètres. © JB

Nos versions d'essai: Mercedes S560 avec le V8 de 469 chevaux associé à la boîte automatique 9 rapports BA9, à partir de 124.800 euros - Mercedes-AMG S63 avec le V8 de 612 chevaux et BA9, à partir de 186.000 euros.

Julien Bonnet