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Essai - Mercedes Classe A, plus sage et plus intelligente

Mercedes renouvelle cette année sa compacte avec un design plus consensuel et une révolution technologique à l'intérieur. Découverte de cette Classe A, l'entrée de gamme très chic de la marque à l'étoile.

La nouvelle Classe A, c'est un peu l'entrée de gamme qui veut jouer les premières de la classe. Dans un catalogue de modèles XXL, cette compacte s'impose chez Mercedes comme un soldat efficace en termes de ventes. On comprend ainsi mieux pourquoi la marque à l'étoile en fait désormais son cobaye sur le terrain des technologies embarquées.

Ce rôle était traditionnellement plutôt dévolu à la plus luxueuse Classe S, avec des équipements qu'on retrouvait par la suite sur les modèles moins onéreux. Mais Mercedes compte bien sur le public plus jeune de la Classe A pour adopter plus facilement des options ultra-modernes, inversant ce classique ruissellement technologique.

Cette Classe A veut évoluer sans désarçonner le client. Le nouveau dessin des feux arrière se veut aussi plus consensuel.
Cette Classe A veut évoluer sans désarçonner le client. Le nouveau dessin des feux arrière se veut aussi plus consensuel. © JB

Mais pourquoi la Mercedes Classe A?

Plus qu'une simple voiture, nous faisons en effet face ici à un véritable outil de conquête. Pour beaucoup de clients, la Classe A représente en effet une première rencontre avec l'univers de la marque à l'étoile. Sur la précédente génération en France, plus de 6 propriétaires sur 10 étaient ainsi de nouveaux clients, prêts à ouvrir leur cœur (et leur portefeuille) à Mercedes. Un point d'autant plus crucial que ces nouveaux acheteurs viennent souvent d'une marque concurrente dans le premium. Dans cette bataille, la Classe A s'oppose ainsi aux BMW Série 1 et Audi A3.

En plus d'être une machine à acquérir de nouveaux clients, ces derniers sont également plus jeunes. La moyenne d'âge passe sur la Classe A à 49 ans, contre 59 ans sur le reste de la gamme. Ce sont aussi plus souvent des femmes (33% de clientes en France, contre 22% pour toute la gamme). Si Mercedes a depuis de nombreuses années chercher à rajeunir son image, elle traîne toujours ce cliché de la voiture senior, dans son comportement comme dans ses tarifs, pas vraiment compatibles avec un budget d'étudiant. Mercedes aimerait d'ailleurs voir la même évolution de sa clientèle sur d'autres marchés, dont la Chine, où la Classe A sera commercialisée en novembre.

Si le design s'est assagi, la Classe A conserve sa face avant plutôt agressive, surtout sur la finition AMG Line en gris mat sur la photo.
Si le design s'est assagi, la Classe A conserve sa face avant plutôt agressive, surtout sur la finition AMG Line en gris mat sur la photo. © JB

Au volant

Par rapport à la précédente génération, le design devient plus sage avec des lignes plus fluides. La finition la plus poussée, l'AMG Line, ajoute un brin d'agressivité, avec des détails en jaune comme sur la lame avant et sur ses jantes 18 pouces. Cette nouvelle Classe A gagne en longueur, pour atteindre 4,40 mètres, et en empattement, à 2,70 mètres, ce qui lui permet de gagner en espace à bord. Le volume de coffre passe de son côté à 370 litres, gagnant 29 litres ou, en unité allemande de référence, 2 caisses de bière!

Nous avons curieusement commencé nos essais par la version A250. Un choix par défaut car si nous n'étions pas mécontents de démarrer avec la plus puissante des versions disponibles (le moteur essence 2 litres offre une puissance de 224 chevaux et un couple de 350 Nm), elle ne sera tout simplement pas disponible au lancement en France... Et on comprend assez vite pourquoi: avec 149 g/km de CO2, cette A250 recevrait en cadeau de bienvenue un sympathique malus de 2.153 euros, pas vraiment compatible avec le positionnement d'entrée de gamme avancé par Mercedes. Dommage.

L'intérieur de cette nouvelle Classe A reprend des éléments des luxueuses Classe E et Classe S.
L'intérieur de cette nouvelle Classe A reprend des éléments des luxueuses Classe E et Classe S. © Mercedes

Retour à la normale avec notre deuxième version, l'A200. Elle dispose du moteur 4 cylindres 1,3 litre de 163 chevaux, 250 Nm de couple... et un malus limité à 210 euros (128 g/km). Le comportement reste assez dynamique, même si on perd forcément en reprise par rapport à l'A250. A noter que cette Classe A conserve son esprit 'french touch' sous le capot, puisque ce bloc essence est emprunté à Renault et le moteur diesel conçu par l'alliance entre le groupe français et Daimler. 

Nos impressions sont toutefois plus mitigées sur le diesel, proposé sur la version 180d (116 chevaux, 260 Nm). Il ne s'est pas montré vraiment sobre sur notre parcours qui passait toutefois par des routes de montage avec une moyenne de 8 litres aux 100 km. Plus poussif que l'essence, moins en harmonie avec la boîte de vitesse, on ne pourra le conseiller qu'aux gros rouleurs, prêts à renoncer à un poil de dynamisme. Et prêts aussi à un bruit légèrement plus présent dans l'habitacle. Sur l'essence, l'effort réalisé en termes d'insonorisation se ressentait davantage. Ce moteur a toutefois le bon goût de limiter ses émissions de C02 à 118 g/km et n'est donc pas touché par le malus (qui démarre à 120 g/km). Malgré le contexte anti-diesel, il devrait donc conserver un certain attrait. Sur la précédente génération, lancée en 2012, la part du diesel n'est pas descendu sous les 70% sur les deux dernières années et elle représentait plus de 80% des ventes jusqu'en 2015.

Mais plus que sur les motorisations, Mercedes mise sur les technologies embarquées pour séduire les clients. Le volant de la Classe S symbolise ainsi cette montée en gamme technologique. Derrière lui, l'écran divisé en deux devient désormais tactile, sur sa partie consacrée à l'infodivertissement. Mais pour les allergiques aux traces de doigts, il reste possible de servir des boutons sur le volant ou du pavé tactile sur la console centrale. Autre option: faire sa demande directement à l'assistante vocale. Mercedes dispose désormais de sa version maison façon Siri ou Ok Google.

L'écran des compteurs est entièrement personnalisable: on peut vraiment mettre les infos de son choix sur les trois zones ou avoir la navigation et juste un indicateur de vitesse.
L'écran des compteurs est entièrement personnalisable: on peut vraiment mettre les infos de son choix sur les trois zones ou avoir la navigation et juste un indicateur de vitesse. © JB

"LE" truc en plus: quand Mercedes joue à Siri

Comme nous l'avions déjà compris lors de sa présentation en février dernier, cette Classe A s'offre une véritable révolution technologique.

On commence avec l'assistant vocal qui se déclenche en disant "Bonjour Mercedes" ou "Hey Mercedes". Cela peut paraître un peu gadget car cela remplace finalement le simple appui sur un bouton situé sur le volant. Mais Mercedes se positionne ainsi face à deux concurrents de taille dans l'habitacle: Google et Apple, avec leur environnement numérique adapté Android Auto et Carplay. L'intelligence artificielle peut répondre à une demande simple, type "j'ai chaud", et y répondre en activant la climatisation. Là aussi, on peut se dire qu'un simple bouton y répond déjà, mais Mercedes veut finalement laisser le choix à l'utilisateur, ce qui en soit est une bonne chose. Entre l'écran tactile, le pavé tactile sur la console centrale, les boutons sur le volant ou le tableau de bord et donc la reconnaissance vocale, le conducteur pourra choisir son moyen d'accéder à telle ou telle fonction. A condition de ne pas s'y perdre.

Mais c'est une autre fonction qui nous a bluffé: la réalité augmentée associée au GPS. En ville ou lors d'une bifurcation, elle vient ajouter l'image de la caméra à l'écran où figure la carte de navigation (photo ci-dessous) et y superpose les numéros de rue ou la direction à prendre. Si vous avez déjà cherché un numéro exact de rue depuis votre voiture, vous devez vous rendre compte du progrès que cela peut apporter.

Si on ajoute le système semi-autonome de Mercedes (Distronic Plus), qui couple le régulateur de vitesse adaptatif au suivi des lignes de la route, la Classe A fait donc bien sa révolution numérique. Pour en disposer, il faut tabler sur un budget minimum de 37.550 euros. Ce qui correspond à la version 180 d en finition intermédiaire "Progressive Line", avec le Distronic à 1850 euros et la réalité augmentée à 300 euros. L'assistant vocal est de son côté fourni de série sur toute la gamme.

Un affichage en réalité augmentée bluffant, avec les numéros de rue qui s'affichent directement sur les images à l'écran.
Un affichage en réalité augmentée bluffant, avec les numéros de rue qui s'affichent directement sur les images à l'écran. © JB

"LE" chiffre: 2

C'est le nombre de motorisations disponibles au lancement pour le marché français, ce qui reflète la volonté de Mercedes de grandement simplifier son offre sur ce modèle de conquête. Si d'autres motorisations seront bien sûr au programme (un moteur essence moins puissant à d'ores et déjà été confirmé pour une prochaine version A160), il est donc certain qu'on ne retrouvera pas les 15 motorisations et autant de combinaisons finition/équipement que sur la précédente génération. Mercedes est ici parti d'un constat simple: 93% des client se concentraient finalement sur 7 moteurs. L'arrivée de la version A160 quelques mois après le lancement doit aussi permettre de baisser un peu le prix de départ de la Classe A. Il reste en effet assez élevé. La Classe A s'affichera alors à partir de 27.650 euros.

Les jantes fermées sur cette nouvelle Classe A témoigne de l'accent mis sur l'aérodynamique.
Les jantes fermées sur cette nouvelle Classe A témoigne de l'accent mis sur l'aérodynamique. © JB

Nos modèles d'essai (hors A250 non commercialisée en France): Mercedes Classe A 200, essence, en finition Progressive Line, à partir de 36.100 euros
Mercedes Classe A 180d, diesel, en finition Progressive Line, à partir de 35.400 euros

Julien Bonnet