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Essai - Alfa Romeo: que vaut la "petite" Giulia?

Alfa Romeo a dévoilé la Giulia l'an dernier, dans sa version Quadrifoglio de 510 chevaux. Bonne nouvelle: les autres motorisations essence, plus petites et qui arrivent progressivement au catalogue, sont aussi joueuses.

Alfa Romeo a dévoilé la Giulia l'an dernier, dans sa version Quadrifoglio de 510 chevaux. Bonne nouvelle: les autres motorisations essence, plus petites et qui arrivent progressivement au catalogue, sont aussi joueuses. - P. Ducamp

Dans la famille Giulia, Alfa Romeo met beaucoup en avant le monstre de 510 chevaux, la Quadrifoglio. Mais la "petite" Giulia, la version essence de 200 chevaux, offre un réel plaisir de conduite au quotidien, à un prix plus abordable.

Dans la famille Alfa Romeo, je demande la petite Giulia. Pas sa grande sœur Quadrifoglio et ses 510 chevaux, mais la version d’entrée de gamme essence, la Giulia de 200 chevaux. Car, plus que la rivale de la BMW M3, c’est cette challenger des très installées Audi A4, BMW Série 3 ou Mercedes Classe C qui devra assurer le volume de ventes.

Des flancs musculeux, une garde au sol assez basse, des proet-à-faux très courts, le design de la Giulia ne passe pas inaperçue, surtout en conduite urbaine.
Des flancs musculeux, une garde au sol assez basse, des proet-à-faux très courts, le design de la Giulia ne passe pas inaperçue, surtout en conduite urbaine. © P. Ducamp

Mais pourquoi... la petite Giulia?

Assurer... ou pas. A fin avril, seules 18.908 Alfa Romeo Giulia avaient en effet été commercialisées depuis son arrivée en concession un an plus tôt en mai 2016. En ajoutant les 1636 Giulia écoulées aux Etats-Unis, ces chiffres se placent très loin des prévisions de 75 à 100.000 Giulia vendues chaque année, annoncées par Alfa Romeo. Or, ces objectifs avaient déjà été revus à la baisse depuis mai 2016.

Certes, le lancement quelque peu chaotique de la production de la berline peut en partie expliquer ces chiffres: nouvelle usine, nouvelle plateforme, nouveau moteur, cela fait beaucoup en même temps. La Giulia n'a pas non plus de version break, un gros avantage et presque un tiers des ventes chez ses concurrentes allemandes. 

Mais une autre question se fait sous-jacente chez les passionnés de la marque, comme chez les nombreux observateurs qui suivent les pérégrinations industrielles et financières du groupe Fiat, propriétaire d'Alfa Romeo: en dehors de la version Quadrifoglio au V6 2.9 biturbo de 510 chevaux, la Giulia ne serait-elle pas à la hauteur de l’enjeu? Elle incarne pourtant le manifeste du nouvel Alfa, et vient remplacer la berline 159, disparue il y a déjà 5 ans. En déshérence depuis des années sous la houlette de Fiat, la marque italienne ne vendait plus grand-chose, mais une aura, voire une légende entourait toujours la marque au Biscione, cette petite salamandre emblème d’Alfa.

Pour lever le doute, prendre le volant d’une Giulia plus raisonnable côté puissance semble le meilleur moyen de vérifier que la fougue et le plaisir de la Quadrifoglio se retrouvent dans le reste de la gamme.

En essence, l'entrée de gamme de la Giulia fait 200 chevaux. En diesel, le plus petit moteur ne fait que 136 chevaux.
En essence, l'entrée de gamme de la Giulia fait 200 chevaux. En diesel, le plus petit moteur ne fait que 136 chevaux. © P. Ducamp

Au volant

Avant même d'avoir appuyé sur le bouton, au creux du volant, qui démarre le quatre cylindres Alfa, la Giulia fait bonne impression. Passons sur les finitions, les matériaux, pas tout à fait au niveau de la concurrence allemande. Le siège enveloppant esprit sport, le grand volant, les palettes agressives: la Giulia respire l'esprit Alfa Romeo. Si Sergio Marchionne pouvait demander un logo Alfa coloré au centre du volant, et un vrai ronronnement d'Alfa Romeo, la Giulia serait parfaite.

Le bloc quatre-cylindres offre ainsi un ronronnement inégal, plat, loin du virus Alfa des années 70/80. La marque italienne a cependant insisté sur les vibrations assez sourdes. Résultat: même avec un quatre-cylindres de 200 chevaux, et grâce à sa gueule, de l'extérieur, la Giulia se fait entendre avant de se voir. C'est un peu dommage pour le conducteur... qui se rattrape au volant.

Alfa Romeo est revenu à la propulsion, tout en restant loin des clichés sur ce mode de traction qui transmet la puissance par les roues arrière. L'Alfa est en effet précise en trajectoire, les palettes agréables. Et même sans elles, l'étalonnement subtil de la boîte automatique 8 rapports autorise de belles accélérations. Calé dans le siège enveloppant, le conducteur apprécie la souplesse de la Giulia, et cette vivacité comme tout droit venue d'une BMW. Le châssis en aluminium y est certainement pour beaucoup. Avec seulement une petite tonne et demie sur la balance, la Giulia est particulièrement légère.

Si les longs trajets sont clairement pour elle, la berline italienne se comporte agilement en ville, même si elle y consomme beaucoup, 15 litres au 100 en moyenne lors de nos trajets. Dans la circulation, elle ne passe pas inaperçue... et encore, notre modèle à l'essai n'est pas rouge.

La Giulia dispose adopte la nouvelle calandre Alfa Romeo, avec une calandre très agressive.
La Giulia dispose adopte la nouvelle calandre Alfa Romeo, avec une calandre très agressive. © P. Ducamp

"LE" truc en plus: t'as le look, Alfa Romeo 

Qu’elle possède 200 ou 510 chevaux, la Giulia peut compter sur un atout indéniable: son design. Elle a une gueule, un air méchant, des optiques qui semblent dire "fais attention". Si elle tire ses traits des canons en vigueur sur les modèles allemands concurrents, se retrouvent également dans la Giulia des traits venus de la 159. Finalement, c’est ce qu’on demande à une Alfa plus qu’à une Audi ou une Lexus.

Son look fait presque oublier qu’il lui manque quelques équipements indispensables sur une berline premium, comme l’affichage tête haute. Systèmes anti-collision, de freinage d’urgence, d’alerte de franchissement de ligne blanche ainsi que le volant en cuir chauffant offrent une belle dotation sur cette finition Lusso, l'une des plus onéreuses de la gamme.

Les aides à la conduite de la Giulia sont convaincants, comme l'alerte anticollision avec détection piéton.
Les aides à la conduite de la Giulia sont convaincants, comme l'alerte anticollision avec détection piéton. © P. Ducamp

Le chiffre: 3

C’est le nombre de mode sur le sélecteur de mode DNA. Dynamic, Normal ou All Weather, le conducteur peut adapter le comportement routier et le fonctionnement de l’ESP. Le système n’est pas nouveau, il existe depuis 2010 sur la Giulietta. Mais sur la Giulia, il prend tout son sens grâce aux qualités de légèreté de la plateforme Giorgio.

Notre modèle à l’essai: Alfa Romeo Giulia 2.0 essence 200 chevaux en finition Lusso avec une boite automatique AT8.
Prix de départ: 45.690 euros, prix de notre modèle: 52.350 euros

Pauline Ducamp