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L’Alfa Romeo Giulia est-elle parfaite?

Les commandes la Giulia débuteront en Europe le 14 avril.

Les commandes la Giulia débuteront en Europe le 14 avril. - Alfa Romeo

Au salon automobile de Genève 2016, le patron de Fiat-Chrysler Sergio Marchionne a expliqué que le retard de presque un an de la Giulia avait pour but de la rendre parfaite. On s’est donc penché sur le sujet.

Enfin. Enfin, Alfa Romeo a exposé l’ensemble de la gamme Giulia au Salon automobile de Genève du 1er au 13 mars. Enfin, car la berline qui doit marquer le renouveau de la marque italienne avait une première fois été présentée en grande pompe et en version de série le… 24 juin 2015, soit il y a huit mois et demi. Avec l’ouverture des commandes le 14 avril, les clients auront attendu 10 mois pour découvrir le modèle en détail.

"Le projet était techniquement immature, a expliqué Sergio Marchionne, le PDG de Fiat-Chrysler Automobiles au site Automotive News Europe au salon de Genève. Nous ne lancerons que quand nous serons au niveau des Allemands, sinon cela ne vaut pas la peine". L’excuse peut paraitre bidon, mais elle est rassurante (car la voiture aurait connu quelques problèmes de sécurité). Nous nous sommes donc plongés dans le détail de la gamme Giulia pour voir si cette version 2016 était parfaite, comme le sous-entend Sergio Marchionne.

Sur le plan technique, de belles promesses

La Giulia est bâtie sur une nouvelle plateforme qui embarque une propulsion, le tout se nomme "Giorgio". Alfa l’a voulu légère, et a misé sur les matériaux composites. La traverse arrière est ainsi en composite aluminium-plastique, l’arbre de transmission en fibre de carbone. C’est un bon point car la Giulia pèse le même poids que sa meilleure rivale, la BMW M3, 1525kg à vide. Alfa Romeo promet aussi un nouveau système de freinage, baptisé IBS, qui sur une base électromécanique couplée à un contrôle de stabilité, réduit drastiquement la distance de freinage. Bon point donc également pour la vélocité de la bête.

Côté moteurs, une palette intéressante

Alfa Romeo offre trois nouveaux moteurs à la Giulia. Un turbodiesel 2.2 tout neuf avec 150 ou 180ch de puissance, un essence suralimenté 2.0 de 200ch et le V6 2.9 biturbo de 510ch, travaillé par Ferrari, pour la finition la plus élevée baptisée Quadrifoglio. Le constructeur italien préserve donc la sportivité de la Giulia, même en entrée de gamme. La gamme de motorisation se calque sur les rivales BMW Série 3, Audi A4 et Mercedes Classe C, mais est plus intéressante car le moteur d’entrée de gamme démarre à 150ch, contre 136ch sur une Série 3.

Risques élevés de problèmes techniques

Sur le papier, la Giulia a donc tout bon. Si on ajoute son look, plébiscité par les visiteurs du salon de Genève qui l’ont élue "Plus belle voiture de série du salon" au grand prix Autoplus-RTL, la berline italienne débutera sa carrière sur les chapeaux de roue. Mais prudence. Lancer sur une même voiture une nouvelle plateforme, de nouveaux moteurs et de nouveaux organes comme le système de freinage est un vrai pari, que les constructeurs font rarement pour ne pas multiplier les éventuels problèmes techniques. Alfa Romeo est donc très joueur.

Trop d’attente

Le verdict de cette plongée au cœur de la Giulia, c’est qu’il faut désormais la tester. Après une année (voire plus) à parler de cette berline, des espoirs qu’elle suscite, de ses jolies possibilités techniques, tout doit se vérifier sur la route. Et après autant de palabres, les attentes sont élevées, très élevées. L’impatience de s’asseoir au volant aussi. Les commandes ouvriront le 14 avril.

dossier :

Genève 2016

P. Ducamp