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Alfa Romeo Giulia break: la fausse bonne idée?

Une version sous photoshop de ce que pourrait donne une Alfa Romeo Giulia break, par le designer X-Tomi.

Une version sous photoshop de ce que pourrait donne une Alfa Romeo Giulia break, par le designer X-Tomi. - X-Tomi design

Alfa Romeo présentera bien une version break de la Giulia l’année prochaine. Le but: concurrencer pleinement les allemandes dont la moitié des ventes se font en version familiale. Cette approche reste cependant très européenne.

Ce n’était pas prévu au départ et puis finalement, après plusieurs mois de spéculations, Alfa Romeo semble bien décider à présenter une version break de la Giulia. Plusieurs sources internes au constructeur italien ont ainsi confié au site spécialisé Automotive News Europe qu’Alfa Romeo travaillait sur cette version familiale.

Une demande essentiellement européenne

Officiellement, le constructeur italien et surtout sa maison-mère Fiat Chrysler n’ont rien confirmé. Une version break de la Giulia est une bonne idée sur le papier, on imagine déjà le drift dans une version break de chasse sport surbaissé de l'Italienne. Mais cette bonne idée est surtout valable en Europe. Sur le vieux continent, comme le soulignent Automotive News Europe et le cabinet de données JATO, les ventes sur le segment des berlines moyennes, comme la Giulia, se fait en effet à moitié sur du break. En septembre, cette catégorie représentait ainsi 71% des ventes d’Audi A4, 42% des ventes de BMW Série 3 et 35% des ventes de Mercedes Classe C (les trois rivales de la Giulia, en tête des ventes de berline en Europe).

Avec 5.105 unités vendues depuis le début de l’année, et sans être présente en Grande-Bretagne (le troisième plus gros marché européen et l'un des premiers pour les berlines), la Giulia a donc bien démarré sa carrière. Lors de la présentation des résultats financiers trimestriels cette semaine, Sergio Marchionne s’est d’ailleurs montré satisfait des performances commerciales de la berline, rapporte le site clubalfa/it. Un break pourrait donc lui permettre de gagner des parts de marché… mais uniquement en Europe et sur des volumes au final peu élevés au niveau mondial.

La Giulia n'est pas encore disponible en Grande-Bretagne, premier marché pour les berlines de cette taille en Europe.
La Giulia n'est pas encore disponible en Grande-Bretagne, premier marché pour les berlines de cette taille en Europe. © X-Tomi

Une forte demande pour les SUV

Car aux Etats-Unis, le break reste un segment de niche, voire confidentiel. IHS estime ainsi que ce genre de modèles ne représente que 1,1% du marché, une proportion qui devrait rester stable jusqu’en 2020… "Si vous vous adressez aux consommateurs du monde entier, la seule chose dont ils vous parlent sont les SUV", résumait le mois dernier dans la presse américaine Harald Wester, directeur en charge des technologies FCA, et ex-directeur d’Alfa jusqu’en mai 2016. C'est bien là tout le problème: ce qui intéresse aujourd'hui les consommateurs aux Etats-Unis, mais aussi en Europe ou en Chine, ce sont les SUV. Dommage pour la Giulia Break.

Le SUV Stelvio révélé dans trois semaines

Alfa Romeo en a bien conscience puisqu'il présentera au salon de Los Angeles mi-novembre son premier SUV, le Stelvio, a priori parfaitement adapté au marché américain et globalement à la demande actuelle des consommateurs.

L’arrivée d’un break pose aussi la question de la cohérence d’Alfa avec le message adressé au lancement de la Giulia. "Nous ne faisons pas de produits froids et technocratiques", avait martelé en juin 2015 le même Harald Wester, lors du lancement de la Giulia, devant des images de clones humains, allégorie des berlines allemandes. Le réalisme du marché (au moins en Europe) semble avoir quelque peu battu en brèche ce discours… à moins qu'une version Quadrifoglio Verde se glisse aussi dans la gamme break.

Pauline Ducamp