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Contrôle technique: le taux de contre-visites en hausse de 24% depuis la réforme

Le contrôle technique durci n'a pas fait exploser le nombre de contre-visites en 2018.

Le contrôle technique durci n'a pas fait exploser le nombre de contre-visites en 2018. - JB

Conséquence attendue du durcissement du contrôle technique l'an dernier, le taux de contre-visites a augmenté de 24% dans la période suivant la mise en place de la réforme. Une hausse qui reste toutefois mesurée par rapport à l'hécatombe attendue.

La réforme du contrôle technique, mise en place l'an dernier, faisait craindre une forte augmentation du nombre de véhicules recalés. Finalement, le premier bilan publié cette semaine par le CNPA (Conseil National des Professions de l’Automobile) fait plutôt état d'une hausse relativement mesurée.

21,51% de véhicules en contre-visite depuis la réforme

Cette étude, réalisée à partir des données de l'OTC (l’organisme technique central, qui supervise l'état du parc automobile français) note en effet un taux de contre-visites de 17,36% entre le 1er janvier et le 19 mai 2018, soit avant l'adoption de la réforme qui a ajouté de nombreux points de contrôle. Du 20 mai au 31 décembre 2018, ce taux grimpe à 21,51%, soit une hausse de 24% de ce ratio (ou une augmentation de 4,15 point) par rapport au chiffre enregistré en début d'année.

"Il n’est pas étonnant qu’une réforme qui vise à améliorer la sécurité routière et la protection de l’environnement entraîne une hausse du taux de contre-visite. Toutefois, ce taux de contre-visite ne s’est pas envolé et est resté dans des proportions tout à fait conformes à ce que soutenait le CNPA", note l'association professionnelle dans son communiqué.

Moins de 2% de défaillance critique

La réforme du contrôle technique a notamment introduit la notion de "défaillance critique" qui vient s'ajouter aux "défaillances majeure" et "mineure". Sur la période du 20 mai au 31 décembre 2018, on relève ainsi 20,24% de défaillances majeures (le véhicule doit passer une contre-visite dans les deux mois mais peut continuer à circuler dans ce laps de temps) sur l'ensemble des véhicules contrôlés, et 1,27% de la nouvelle catégorie (qui ne permet de circuler qu'entre le centre de contrôle technique et le lieu de réparation, avec également une contre-visite à passer dans les deux mois).

L'âge moyen des véhicules contrôlés continue par ailleurs de progresser, passant de 11,99 ans en 2017 à 12,17 ans en 2018. Sans surprise, plus le véhicule est ancien, plus il est susceptible d'être recalé. Les véhicules les plus récents qui passaient leur premier contrôle technique se retrouvent ainsi avec un taux de contre-visite de 4,55% (et de 0,18% en défaillance critique). A l'inverse, c'est le cas de près de 30% des véhicules âgés de plus de 10 ans (et 1,81% en critique). Un constat qui vaut encore plus pour les utilitaires légers: les modèles de plus de 10 ans sont 31,88% à avoir échoué au contrôle technique, dont 2,73% avec une défaillance critique.

Vers un contrôle technique annualisé après 7 ans?

Le CNPA milite pour la mise en place d'un contrôle technique tous les ans à partir de la 7e année de mise en circulation du véhicule: "Un entretien préventif régulier associé à un contrôle technique annuel favoriseraient une baisse du coût global tout au long de la vie du véhicule et permettrait, en outre, d’améliorer la sécurité routière et l’environnement".

Une plus grande fréquence du contrôle technique pour les voitures de plus de 7 ans ne semble toutefois pas vraiment d'actualité. Face au mouvement des gilets jaunes, le Premier ministre Edouard Philippe avait annoncé la suspension pour 6 mois d'un nouveau durcissement initialement prévu pour le 1er janvier dernier, axé sur un nouveau test antipollution. Un sujet sur lequel n'est pas revenu Emmanuel Macron hier, lors de sa conférence de presse. Reste donc à savoir si cette nouvelle réforme du contrôle technique sera bien de retour le 1er juin prochain et sous quelle forme.

Julien Bonnet