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Comment Citroën a conçu l'AMI pour qu'elle ne coûte que 6900 euros

Citroën lance actuellement sa voiture sans permis à 6900 euros. Un prix très réduit pour cette voiturette même vis-à-vis des spécialistes de la voiture sans permis électrique.

Son look ne passe pas inaperçu dans la circulation parisienne. Cubique, avec un nez tout écrasé et des roues aux couleurs flashy. Au premier coup d’œil, la Citroën AMI ressemble plus à un jouet qu’à une voiture. Et pourtant. Si elle se range dans la catégorie des "quadricycles à moteur" (appelés plus familièrement "voiturettes" ou voitures sans permis), l’AMI détonne surtout par son business-model qui se résume en un mot: "abordable".

Abordable car les adolescents à partir de 14 ans peuvent en prendre le volant. Abordable car son prix débute à 6900 euros hors bonus. Un tarif qui se veut moins cher que les modèles équivalents des spécialistes de la voiture électrique sans permis comme Aixam ou Tazzari et rappelle le tarif de feu-le Renault Twizy.

"Nous essayons de proposer une alternative aux transports publics, et aux scooters et trottinettes électriques, nous explique Vincent Cobée, PDG de Citroën. Vous arrivez dans un environnement où le budget logique pour une personne est de l’ordre de 70 euros par mois. C’est le prix d’un pass Navigo [pass pour les transports en commun en Ile-de-France, ndlr], c’est globalement le coût mensuel d’un scooter".

La marque a alors planché sur une solution de "design industriel".

"On a défini une solution qui nous semblait adaptée: quatre roues, des portes, des fenêtres, quelque chose de protecteur, deux places énormément d’espace intérieur, quelque chose qui permet de faire 90% des déplacements urbains. Totalement électrique, poursuit Vincent Cobée. Selon nous, cette solution doit se retrouver entre 20 et 50 euros par mois suivant le dépôt initial ou dans une valeur d’achat de 6000 euros".

Une voiture minimaliste

A 6900 euros, l’AMI n’embarque rien de superflu. La structure tubulaire n’est absolument pas masquée par des garnitures dans l’habitacle comme une voiture classique, les sièges sont minimalistes et les équipements sont sommaires.

Pas d’ABS, ni d’ESP, encore moins d’airbag, de vitres électriques ou de direction assistée sur la micro-citadine. Au volant le conducteur a parfois la sensation de conduire une ancienne plutôt qu’une voiture moderne tellement le volant est raide. Mais cette absence d’équipements permet de faire baisser la facture. Tout comme le choix du polypropylène pour la carrosserie. Teinté dans la masse, avec une seule couleur (un coloris gris bleu).

Citroën propose tout de même une certaine dose de personnalisation, mais pour le premier niveau, il s’agit de simples éléments en plastique de couleurs facturés 400 euros. Et le client devra les monter lui-même sur le véhicule...

Avec le strict minimum, l’AMI ne pèse ainsi que 471 kilos pour 2,41 mètres de long (28 centimètres de moins qu’une Smart). Une bonne pioche aussi pour l’autonomie dans une voiture électrique: elle est ici de 75 kilomètres.

Des astuces pas seulement esthétiques

La conception même de l’AMI mise sur l’essentielle, avec à peine 250 pièces, dont certaines identiques. La petite Citroën dispose ainsi d’une porte classique, et d’une porte antagoniste, ce qui permet de ne fabriquer qu’une seule pièce. Idem pour les boucliers avant et arrière de l’AMI, identiques.

L’AMI se base également sur certains éléments techniques du groupe PSA, de quoi faire encore baisser la facture. Le train avant de l’AMI est ainsi le même que la Peugeot 208. Le train arrière vient lui d’une recomposition de différents éléments du groupe, de quoi favoriser les économies d’échelle.

Citroën a également pu compter sur Valeo, qui fournit le moteur de l’AMI. L’équipementier avait dévoilé au Mondial de l’automobile 2016 une petite voiture électrique à bas coûts, un projet qui a aussi servi de base de réflexion à la marque aux chevrons.

Autre moyen de réduire les coûts: le lieu de production. L’AMI est assemblée dans l’usine du Groupe PSA installée à Kénitra au Maroc.

Citroën a déjà enregistré un millier de commandes pour sa micro-citadine. Selon Citroën, 56% des acheteurs ont acheté l’AMI suite à son prix. Le constructeur affirme disposer d’une capacité de production de 20.000 véhicules par an.

Pauline Ducamp
https://twitter.com/PaulineDucamp Pauline Ducamp Cheffe de service BFM Auto