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Avec sa DS4 "made in Germany", DS veut concurrencer les marques allemandes

DS a dévoilé l'arrivée l'an prochain d'un futur modèle nommé DS4 l'an prochain.

DS a dévoilé l'arrivée l'an prochain d'un futur modèle nommé DS4 l'an prochain. - DS

Dans une année difficile, la griffe luxe du Groupe PSA essaye de se relancer avec une compacte fabriquée outre-Rhin.

Relancer le luxe automobile à la française après une année difficile. Ce mercredi, Béatrice Foucher, directrice générale de DS, a annoncé l’arrivée d’un quatrième modèle dans la gamme, aux côtés des SUV DS7 Crossback (2018) et DS3 Crossback (2019) et de la grande berline DS9, qui sera lancée en septembre 2021. Son nom: DS4, reprenant le patronyme d’un crossover lancé en 2010 et arrêté en 2018.

Mais ce nouveau modèle n’aura pas la silhouette d’un SUV haut sur pattes, promet DS, qui a évoqué le nouveau modèle devant la presse ce mercredi sans jamais en dévoiler une photo. "Ce sera une voiture typée plutôt pour le plaisir de conduite, avec un positionnement de route très différent" de l’ancienne DS4, nous explique Marion David, directrice du développement chez DS. Le directeur du design Thierry Metroz a donné quelques pistes stylistiques venues du concept DS Aero Lounge, dévoilé début mars. Ce qui laisserait présager une silhouette coupé.

Focus sur les technologies

DS veut surtout se positionner sur le segment des compactes, qui réussit en Europe aux marques premium. La famille Classe A/GLA/CLA représente par exemple près d’une vente sur deux chez Mercedes. Ces petites berlines, souvent dotées de cinq portes et d’un hayon, jouent le rôle d’arrivée dans le haut de gamme pour des clients plus jeunes, souvent férus de technologies. Et la technologie, c’est justement cette carte que joue DS pour annoncer la DS4.

Pare-brise en réalité augmentée, "DS Iris System" qui enregistre les préférences de chaque conducteur (dont celle liée à sa conduite) ou encore des commandes gestuelles, la DS4 rattrape ainsi son retard vis-à-vis de ses concurrentes allemandes. A tel point qu’elle disposera même de technologies plus avancées que la DS9, la future berline porte-étendard de la marque, qui arrivera l’an prochain chez les clients. Comme la DS4.

La nouvelle DS4 disposera de nombreuses aides à la conduite.
La nouvelle DS4 disposera de nombreuses aides à la conduite. © DS

La DS4 disposera également d'une nouvelle version de la plateforme EMP2, la plateforme du Groupe PSA qui équipe notamment les best-sellers 308 ou 3008.

"Nous avons un bouquet de technologies et nous y sélectionnons les technologies selon les demandes des clients, liées à chaque véhicule, explique Béatrice Foucher. La DS9 mise sur le confort, l’acoustique, de grandes places arrière, l’art du voyage, ce n’est le sens du segment C [comme la DS4, ndlr], alors qu’une partie des clients voit la technologie comme une extension d’eux-mêmes". Ces "technophiles" sont ceux que vise DS avec la DS4.
La nouvelle version de la plateforme EMP2 qui servira de base à la future DS4.
La nouvelle version de la plateforme EMP2 qui servira de base à la future DS4. © DS

Le luxe à la française passe par l’Allemagne

Cet accent mis sur la technologie, l’infotainment et les aides à la conduite tranche avec la communication habituelle de DS, centrée sur le luxe à la française, l’association avec Le Louvre, les finitions aux noms de quartiers de Paris. Et, autre rupture notable, comme la DS9, la DS4 ne sera pas produite en France.

Si la grande berline est assemblée en Chine à Shenzhen, la DS4 sera elle assemblée en Allemagne, dans l’usine historique d’Opel, à Rüsselsheim. DS évoque ici un "pragmatisme industriel". "Il n’y a pas de question d’affect", précise Béatrice Foucher. Cette usine a été acquise il y a trois ans par PSA, lors du rachat d’Opel. L’usine doit aussi produire l’Insignia et la nouvelle Astra.

"Mais nous fabriquons des Opel à Sochaux ! a défendu le président du directoire de PSA Louis Gallois, ce mercredi dans le Grand Journal de l’Eco. Il ne manque rien à la France, nous avons un appareil industriel que nous chargeons. Nous fabriquons des Opel en France et nous fabriquons la DS4, qui est une voiture de premium en Allemagne. Ce qui m’intéresse c’est combien on fabrique de voitures en France. PSA en fabrique un million et en vend 700.000 c’est-à-dire qu’il en exporte 300.000, plus de 350.000. [...] La balance commerciale c’est plus de 5 milliards d’euros, je crois que nous faisons des choses intéressantes dans notre pays".

Et bientôt une production de DS en Italie?

Demain, le futur de DS pourrait aussi passer par l’Italie. Le 4 janvier, PSA et FCA finaliseront officiellement leur mariage. Et dans ce nouveau portefeuille de 14 marques, face à Alfa Romeo ou Maserati, DS doit essayer d’exister.

"L'objectif est que chacune des marques ait un territoire de clientèle, donc un ADN, différent", explique Béatrice Foucher. Qui ajoute: "Quand Stellantis existera, il y aura une réflexion sur ce qui est commun. Sur comment générer des effets de levier sur les achats, sur le partage de technologies, de plateformes. Tout est possible".
Pauline Ducamp
https://twitter.com/PaulineDucamp Pauline Ducamp Cheffe de service BFM Auto