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Essai - DS3 Crossback E-Tense, le SUV idéal pour la ville?

La marque DS décline son petit SUV, le DS3 Crossback, en version e-Tense 100% électrique. Un format et une motorisation adaptés à la ville, le tout dans un véhicule qui joue la carte du luxe à la française. Nous avons pu le tester avant son lancement commercial en février prochain.
SERIE 3/4 – Comment réduire la facture en passant à la pompe? C’est une question que se posent de nombreux automobilistes. En ce mois de novembre, nous vous proposons quatre solutions, de nouveaux moteurs thermiques, en passant par des carburants alternatifs, afin de faire baisser votre consommation.

C'est à la fois le coup de coeur et l'ennemi numéro un automobile du moment: le SUV. Ce format de véhicules qui séduit un grand nombre d'acheteurs est en effet accusé de tous les maux. Jugé trop gros, trop lourd et trop polluant, il est régulièrement pointé du doigt ces derniers temps. Un serial-killer en puissance qui tuerait à la fois indirectement en menaçant la qualité de l'air et directement en écrasant piétons et cyclistes. Si ces reproches sont parfois exagérés, Au sein du Groupe PSA, le DS3 Crossback est un des premiers à jouer cette carte, en se déclinant en version zéro émission à côté de la gamme classique essence et diesel

L'aile de requin au niveau de la portière arrière rappelle la citadine DS3.
L'aile de requin au niveau de la portière arrière rappelle la citadine DS3. © BFM Auto

Mais pourquoi le DS3 Crossback E-Tense?

Petit rappel des épisodes précédents: en début d'année, DS a lancé son tout nouveau DS3 Crossback. A part une aile de requin sur la carrosserie, pas grand-chose à voir avec "LA" petite citadine DS3. L'idée est ici de proposer un format de SUV urbain pour venir concurrencer des modèles premium comme l'Audi Q2, le BMW X2 ou encore le Mini Countryman.

Au-delà d'une certaine idée du luxe automobile à la française qui peut déjà séduire certains acheteurs, DS joue une nouvelle fois la différence en proposant donc son DS3 Crossback avec une motorisation 100% électrique, que ne proposent pas ses concurrents directs. Une version commercialisée sous le badge E-Tense, qu'arbore également le plus grand DS7 Crossback en version hybride rechargeable. 

A l'intérieur du DS3 Crossback E-Tense
A l'intérieur du DS3 Crossback E-Tense © BFM Auto

Au volant

On passera rapidement sur le design de ce DS3 Crossback, original. A l'extérieur, il ne change pas vraiment par rapport à la version thermique, mis à part quelques badges spécifiques, une prise derrière le clapet qui donne accès d'ordinaire au réservoir de carburant et l'absence de pots d'échappement. Même constat à l'intérieur, où la principale différence se situe au niveau de la planche de bord, avec un bouton de raccourci pour accéder à certaines statistiques liées à l'autonomie ou à la recharge. 

C'est bien sûr dans la conduite que réside le principal changement. La motorisation électrique reste bien adaptée à un véhicule de ce gabarit, avec ses 4,18 mètres de long, et apporte un certain gain en confort. On retrouve un modèle agile mais qui gagne en dynamisme. DS semble avoir bien travaillé sur l'isolation acoustique, dans le silence de la motorisation électrique, les bruits aérodynamiques et de roulement nous ont semblé bien contenus. 

En mode normal, on profite ainsi d'un véhicule agréable à conduire, et qui peut bénéficier d'un surplus de puissance en mode sport. En mode Eco en revanche on ressent bien un certain bridage, avec une puissance qui passe de 136 à 80 chevaux, sans toutefois que le véhicule ne se traîne lamentablement sur la route. L'autre parade pour maximiser l'autonomie, c'est un mode B. En alternative au mode de conduite D classique, il permet de récupérer davantage d'énergie lorsqu'on relâche la pédale d'accélérateur. Si on ressent bien une différence, le ralentissement plus marqué ne permet toutefois pas une utilisation "conduite à une pédale" qu'on peut retrouver par exemple sur les Nissan Leaf ou, dans une moindre mesure, sur la dernière Renault Zoé

L'occasion d'ailleurs d'aborder l'autonomie, annoncée à 320 km selon la nouvelle norme WLTP. En ville et selon le style de conduite, avec la récupération d'énergie au freinage, on peut espérer faire un peu plus, environ 350 km. C'est d'ailleurs le discours de DS pour rassurer ses clients: un utilisateur d'un véhicule de segment B roule en moyenne 40 km par jour et pourrait donc en théorie compter sur une seule recharge par semaine. Compte-tenu de notre consommation sur autoroute, environ 20 kWh aux 100 km, il ne faudra pas vraiment compter réaliser plus de 200 km sur voie rapide. Mais la possibilité de se charger à une puissance de 100 kW est un bon point. Cela permet d'envisager une recharge à 80% en 30 minutes, soit un temps raisonnable de pause, limite trop court pour déjeuner tranquillement.

L'écran, suffisamment grand, lisible et réactif, se révèle agréable d'utilisation.
L'écran, suffisamment grand, lisible et réactif, se révèle agréable d'utilisation. © BFM Auto

"LE" truc en plus: un écosystème connecté pour passer à l'électrique

DS tient à accompagner ses clients prêts à faire le grand saut dans l'électrique. Via l'application MyDS il est ainsi possible de programmer une charge, aux heures creuses par exemple. Une fois arrivé chez soi, on peut ainsi se brancher et la recharge démarrera seulement au moment choisi. 

Deuxième option essentielle pour un véhicule électrique qui veut proposer plus que des trajets en ville: un programmateur d'itinéraire. En indiquant une destination dans l'application Free2Move Mobility, le système de navigation peut ainsi anticiper les arrêts nécessaires pour recharger le véhicule. Capable de communiquer avec le réseau de bornes, il permet de vérifier en temps réel la disponibilité des différentes stations Pratique pour ne pas se retrouver à patienter en attendant qu'un autre véhicule électrique libère la prise tant désirée. DS propose aussi une carte pour se charger sur différents réseaux partenaires partout en Europe, hors coût de la recharge elle est gratuite la première année puis 4,99 euros par mois.

Si nous n'avons pas eu l'occasion d'effectuer un long trajet, cet écosystème numérique nous a paru prometteur. Il est encore en cours de développement pour être fonctionnel lors des premières livraisons du DS3 Crossback, prévues pour février prochain.

Un pass permettra d'accéder facilement à de nombreuses bornes.
Un pass permettra d'accéder facilement à de nombreuses bornes. © BFM Auto

"LE" chiffre: 44.800

C'est le prix en euros de notre version d'essai, en finition Grand Chic, la plus haut de gamme, hors version de lancement En appliquant le bonus écologique de 6000 euros, on redescend à 36.800 euros. Et c’est sans compter sur des aides locales souvent cumulables au bonus. Un tarif qui reste tout de même dans un positionnement haut de gamme et pour lequel on peut être un brin exigeant. 

Le DS3 Crossback se montre ainsi au niveau sur la qualité de finition, le choix des matériaux, les équipements proposés et un certain sens du détail. Encore plus avec cette motorisation électrique qui améliore le confort. Petites déceptions toutefois au niveau des places arrière: ni port USB, ni climatisation dédiée... réponse de DS: ce n'est pas non plus proposé sur les modèles concurrents du segment B. Dommage toutefois de ne pas justement proposer un peu plus sur ce point, surtout venant d'une marque qui veut se placer à l'avant-garde dans son discours marketing. 

Plus drôle: au moment de rechercher un lieu pour déjeuner, le GPS nous proposait uniquement des "restaurants routiers". Pas un problème en soit mais surprenant sur un modèle qui vise une clientèle plutôt haut de gamme, pas forcément prête pour ce "rendez-vous en Terre Inconnue". 

Notre modèle d'essai: DS3 Crossback E-Tense en finition Grand Chic, 44.800 euros (hors options)
Julien Bonnet, avec Chloé Baïze