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Une plateforme créée pour partager des comptes Netflix

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La plateforme collaborative Spliiit favorise les achats groupés en ligne. Sa formule est particulièrement adaptée au partage d'abonnements Netflix ou Spotify.

Bien souvent accusés d'isoler les internautes, les services de streaming rassemblent dès lors qu'il s'agit de faire des économies. Une application a même trouvé grâce auprès des fourmis du Web, pour se partager des abonnements Netflix ou Spotify: Spliiit, créée il y a neuf mois par le français Jonathan Lalinec, et repérée par 01net.com.

Le service se présente comme une plateforme collaborative de mise en relation entre des internautes ayant les mêmes besoins, pour acheter un abonnement groupé. L'abonné principal indique le montant à partager et renseigne les adresses e-mail des autres participants. Le système se charge par la suite de les contacter, puis de récupérer et transférer les sommes dues chaque mois, en prenant au passage 4% de commission. 

Si le service promet de faciliter les abonnements à des journaux ou à des musées, il trouve surtout sa place pour se répartir les coûts de services de streaming. Le phénomène prend de l'ampleur à l'heure où beaucoup cumulent un compte Spotify, Netflix ou YouTube Premium, dont les coûts respectifs ont tendance à augmenter. Les abonnements les plus partagés sont ceux de Netflix, pour 70 catégories référencées sur le site.

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Une zone grise

En proposant un tel service, Spliiit évolue dans une zone grise. Le partage d'abonnements n'est pas explicitement autorisé par les services de streaming. Netflix et Spotify tentent plutôt de lutter contre cette pratique. 

Si le PDG de Netflix a longtemps maintenu que le partage d'abonnements ne le dérangeait pas, sa plateforme a récemment modifié ses conditions générales pour préciser qu'un tel partage ne devait se restreindre qu'aux membres d'un même foyer. Une limite précisée par Spliiit sur son site, bien qu'aucune vérification ne soit effectuée.

En 2018, Spotify a pour sa part donné un coup d'épée dans l'eau. Le service de streaming musical le plus populaire au monde a dû faire machine arrière, après avoir lancé la chasse aux faux abonnements Famille, en réclamant la géolocalisation de chacun des abonnés pour vérifier qu'ils vivaient sous le même toit. La mesure en question était incompatible avec plusieurs situations familiales, notamment en cas de parents divorcés.

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Le partage d'abonnement plébiscité par les internautes

Jusqu'à nouvel ordre, le champ reste donc libre pour les internautes resquilleurs. En France, ils seraient 29% à partager les codes ou abonnements de personnes de leur entourage, d'après une étude publiée par la Hadopi en 2018. La proportion s'élève à 32% pour les 15-24 ans. L'autorité française de lutte contre le piratage ne prévoit aucune sanction contre cette pratique.

L'utilisation illicite de l'IPTV, qui permet pour sa part d'accéder à des contenus de grandes chaînes payantes sans les rétribuer, ne tombe pas non plus dans son champ de compétences. 

Le seul ressort actuel pour les plateformes de streaming qui souhaiteraient garder le contrôle sur leurs abonnements? Des solutions tierces. Ainsi de Synamedia, présentée au CES de Las Vegas en début d'année. D'après The Verge, l'outil "examine divers facteurs, tels que l’emplacement d’un compte, l’heure à laquelle il est utilisé, le contenu regardé ou encore l'appareil utilisé". Pour l'heure, cette technologie n'a pas encore séduit les grands noms du divertissement en streaming.