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Qu'est-ce que l'IPTV, le nouveau mode de piratage qui alarme la Hadopi?

5% des Français déclarent avoir recours à l'IPTV pour pirater des contenus.

5% des Français déclarent avoir recours à l'IPTV pour pirater des contenus. - Pixabay/ tookapic

L'autorité française de lutte contre le piratage s'est penchée sur la consultation illicite de programmes de télévision en direct. Sur les trois grandes pratiques décelées en la matière, l'IPTV suscite son inquiétude.

Les resquilleurs du contenu rivalisent toujours autant d'inventivité. D'après une étude publiée ce 23 mai par la Hadopi, l'autorité chargée de la lutte contre le piratage sur internet, 24% des Français consultent des programmes de télévision en direct en utilisant des services illégaux. 

Parmi ces derniers, émerge une pratique méconnue et pourtant en pleine croissance: l'"IPTV" (pour "Internet Protocol TeleVision"), qui permet de visionner jusqu'à plusieurs milliers de chaînes du monde entier, en direct, pour quelques euros par mois. Elle s'apparente tout bonnement à un mode de piratage privé sur abonnement. La Hadopi estime à 5% la proportion de Français s'étant tournés vers cette manière alternative de consommer des contenus sportifs, films ou séries.

L'autorité s'en inquiète, d'autant plus que la marche à suivre s'avère d'une grande simplicité. Il suffit d'acheter un petit boîtier facilement trouvable en ligne et dans certaines boutiques, ou d'installer une application - pour téléviseur connecté, smartphone, tablette - conçue pour donner l'accès à ces offres illicites. Comme le relève Challenges, 73% des adeptes réguliers de l'IPTV ont recours à ce procédé trois fois par semaine. De quoi détourner bon nombre de Français des offres légales. D'autant que certains services pirates en viennent même à proposer une hotline, pour assurer l'équivalent d'un service client. Résultat: 54 % des utilisateurs IPTV se sont déjà désabonnés d’une offre légale parce que l’offre illicite leur suffisait.

Des moyens d'action limités

La Hadopi, dont le rôle se borne à lutter contre le piratage peer-to-peer (ou de pair à pair) semble démunie face à l'IPTV. L'institution indique se contenter "d'exercer son rôle de vigie pour pouvoir alerter le grand public ainsi que les ayants droit sur les difficultés posées" par un tel procédé. 

Elle relève par ailleurs deux autres manières de consulter des contenus télévisés de manière illicite. Le simple livestreaming, prisé notamment des amateurs de foot, concerne 17% des Français interrogés. Il revient à consulter un site gratuit, qui se rémunère via des publicités. Cette pratique se trouve être ponctuelle et ciblée. Elle concerne surtout des contenus précis, tels qu'un match de Ligue des Champions. 

Enfin, 14% des internautes ont pris l'habitude de regarder des contenus en direct sur les réseaux sociaux, dès lors qu'ils sont illégalement partagés par d'autres. Cela se fait notamment par les outils Facebook Live, Périscope (Twitter), YouTube ou encore Twitch

L'étude menée par la Hadopi, en collaboration avec l'IFOP, repose sur des entretiens individuels et en groupe, ainsi que sur un sondage effectué du 27 novembre au 3 janvier auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 internautes, complété par un suréchantillon de 800 consommateurs illicites.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech