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La température de la Méditerranée toujours 5°C au-dessus de la normale fin octobre

La température de la Méditerranée anormalement élevée

La température de la Méditerranée anormalement élevée - Directorate-General for Defence Industry and Space/Copernicus Marine

La température est notamment très élevée au large des côtes françaises entre Marseille et Monaco.

La température de l'eau est toujours anormalement élevée en cette fin du mois d'octobre dans la mer Méditerranée. C'est particulièrement le cas au large des côtes françaises entre Marseille et Monaco.

Selon une carte publiée par le compte Twitter Directorate-General for Defence Industry and Space, lié à la commission européenne, la température est, encore cette semaine, jusqu'à 5°C au-dessus des normales de saison à cette période de l'année à certains endroits de la mer.

Une donnée qui s'inscrit dans la continuité des relevés des dernières semaines. Mi-septembre, la température de l'eau était encore très élevée avec notamment 24°C, le 19 septembre au large de Nice, soit 2°C de plus que les normales de saison. Une température inédite à cette période de l'année.

Des conséquences sur la biodiversité

Après un été déjà particulièrement chaud sur tout le territoire français, le mercure reste encore particulièrement haut dans l'air en cette fin octobre. 24°C ont notamment été relevés à Marseille aujourd'hui.

Le phénomène observé dans l'eau de la Méditerranée s'inscrit dans une tendance de fond de réchauffement climatique. De manière générale, l'eau de la Méditerranée gagne 0,4°C tous les dix ans, un chiffre loin d'être anodin.

Ces températures anormalement élevées ont notamment des conséquences sur la biodiversité marine. Les algues marines, la posidonie ou encore les coraux sont mis en danger par ces températures. Ces derniers, essentiels pour la biodiversité, pourraient être amenées à disparaître. Plusieurs coraux sont déjà morts cet été en raison des températures anormalement élevées.

Par ailleurs, une mer chaude favorise aussi la prolifération dans l'eau d'algues nocives pour l'être humain tels que l'Ostreopsis ovata, comme le rappelait cet été à BFMTV, Frédéric Bachet, chargé de mission pour le parc marin de la Côte bleue dans les Bouches-du-Rhône.

Un risque de violentes intempéries

La température dans l'eau près des côtes n'est également pas sans conséquence sur celle ressentie dans l'air.

"A plus long terme, dans des phénomènes de vagues de chaleur, la Méditerranée qui est plus chaude, empêche les températures nocturnes de baisser ce qui accentue l'inconfort thermique", expliquait Gaétan Heymes, prévisionniste chez Météo France, le mois dernier.

Cette année la Ville de Nice a déjà enregistré son record de nombre de nuits tropicales; avec notamment une série de 66 nuits consécutives au-dessus des 20°C.

Des conséquences sont également envisageables à plus court terme dans les prochaines semaines, les températures élevées favorisant des perturbations orageuses parfois très violentes.

"Pour cet automne c'est la possibilité d'avoir des épisodes méditerranéens plus intenses", souligne Gaétan Heymes.

Gauthier Hartmann