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Intempéries

Orages violents: comment se forme un épisode méditerranéen?

(photo d'illustration)

(photo d'illustration) - Valéry Hache - AFP

Le phénomène, lié à l'évaporation de l'eau de la mer dans l'atmosphère, est particulièrement redoutée cette année, du fait de la surchauffe de la Méditerranée.

Depuis mardi, le sud de la France est en proie à de violents orages. Ce mercredi, cinq départements de l'arc méditerranéen - l'Hérault, le Gard, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et le Var - sont placés en vigilance orange. Localement, des précipitations pouvant dépasser les 150 mm sont attendues, ainsi que de fortes rafales de vent, avec des pointes à 100 km/h. Aillleurs en France, Météo-France a placé en fin de matinée trois autres départements en vigilance orange face aux risques d'orages: la Manche, le Calvados et la Seine-Maritime.

Si le sud de l'Hexagone est particulièrement touché, c'est parce qu'il subit de plein fouet un phénomène bien connu des prévisionnistes: l'épisode méditerranéen. En avance cette année - elles sont normalement prévues à la mi-septembre - ces perturbations sont responsables de violents orages d'années en années le long de l'arc méditerranéen.

La mer Méditerranée en surchauffe

En cause? La mer Méditerranée. Lorsque la température de l'atmosphère se refroidit, l'eau de la mer va s'évaporer dans l'atmosphère. Cette masse d'air chaud va alors se déplacer en direction du littoral, où elle va aller à la rencontre de chaînes montagneuses. Stoppée dans son élan, la masse d'air va alors monter en altitude, et entraîner de violentes précipitations.

Ces phénomènes sont particulièrement redoutés. Ils peuvent déboucher sur de violents orages stationnaires, à l'origine d'inondations, de glissements de terrain et de crues.

Infographie réalisée par Météo-France montrant la formation d'un épisode méditerranéen
Infographie réalisée par Météo-France montrant la formation d'un épisode méditerranéen © Météo-France

Le phénomène, ainsi que sa précocité cette année, étaient redoutés depuis le début du mois de juillet. La mer Méditerranée est cet été en surchauffe, après des températures caniculaires et un manque d'air qui a empêché le brassage de l'eau. Si bien que la température qui y est mesurée a atteint 30 degrés à la fin du moins de juillet.

"Le risque est très élevé cette année. Car d’un point de vue physique, l’énergie de ces tempêtes est liée à l’évaporation à la surface de la mer. Plus l’eau est chaude, plus cette énergie est élevée", expliquait il y a peu dans les colonnes du Figaro la chercheuse au CNRS Caroline Jane Muller.

Normalement, ces épisodes méditerranéens se produisent à l'automne, "moment où la mer est la plus chaude, ce qui favorise une forte évaporation", explique Météo-France. De quoi faire redouter la virulence des futurs épisodes d'ici un à deux mois.

Jules Fresard