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Rhône: passe d'armes entre Laurent Wauquiez et les écologistes autour du pont de Vernaison

Laurent Wauquiez a proposé lundi cinq millions d'euros de la région pour la rénovation de l'ouvrage. Il s'en est aussi pris à la décision de la métropole de passer la circulation à sens unique.

Le pont de Vernaison s'invite dans la campagne des régionales. Venu sur place lundi, Laurent Wauquiez, candidat LR à sa réélection à la tête d'Auvergne-Rhône-Alpes, a proposé une enveloppe de cinq millions d'euros pour rénover ce pont fragilisé par l'usure. Et cela, même si l'entretien de cet ouvrage ne dépend pas des compétences de la région.

Pollution et perte de temps

L'ancien président des Républicains en a profité pour tacler au passage les écologistes de la métropole de Lyon. Il leur reproche d'avoir instauré un sens unique sur ce pont à partir du 23 juin prochain - dans le sens Vernaison-Solèze.

"On ne découvre pas que le pont va fermer, qu'il est en mauvais état, a lancé Laurent Wauquiez. Le maire de Vernaison a tiré la sonnette d'alarme depuis le début de l'année 2020. Qu'on fait les élus qui sont en place depuis un an et qui avaient les rapports sur leur table?"

Le président de région déplore par ailleurs les conséquences de cette décision qui "va générer 90.000 kilomètres de pollution chaque jour" et "faire perdre une demi-heure de temps de vie" aux usagers obligés de faire un détour. Et d'insister: "On ne peut pas rester dans cette solution où on met juste à sens unique".

Contre-attaque des écologistes

Dans le viseur de Laurent Wauquiez, les écologistes n'ont pas tardé à réagir. Sur Twitter, ils ont dénoncé en chœur "la désinformation" du candidat LR "pour attiser les peurs" au détriment de "l'intérêt général".

Dénonçant "une fausse polémique", Benjamin Badouard, co-président du groupe écologiste à la métropole, a rappelé que l'instauration d'un sens unique répondait à un besoin de sécurisation de l'ouvrage "avant qu’il n’atteigne un seuil d’endommagement critique et soit définitivement fermé".

"Cette mise à sens unique temporaire a été décidée conjointement avec la préfecture du Rhône pour des raisons impérieuses de sécurité des biens et des personnes", a renchéri de son côté Fabien Bagnon, vice-président de la métropole en charge de la voirie et des mobilités actives.

Dans un communiqué, la métropole de Lyon a par ailleurs répondu à la proposition de Laurent Wauquiez. Disant "prendre acte de cette promesse" de financement à hauteur de 5 millions d'euros, la collectivité a tenu "à rappeler un certain nombre d'éléments objectifs".

Une décision pour la sécurité des usagers

Pour la métropole, le passage en sens unique -décision prise "en accord avec la préfecture"- est "le seul moyen de faire durer" l'ouvrage à court terme, "en le soulageant d'une partie de 13.000 véhicules qui l'empruntent chaque jour".

"La Métropole de Lyon a parfaitement conscience des conséquences du passage à sens unique pour les usagers du pont. Mais elle a aussi conscience de ses responsabilités en matière de sécurité des habitants de son territoire", justifie-t-elle dans son communiqué.

La collectivité indique également qu'un pont de secours provisoire à proximité du pont actuel pourrait être mis en service en 2023. Avant la construction d'un nouvel ouvrage, actuellement à l'étude.

En attendant, la métropole assure qu'un courrier d'information va être diffusé dans "35.000 boîtes à lettres" pour expliquer cette décision. "Une réunion publique sur le sujet se tiendra en visio-conférence le jeudi 10 juin à 18h30", informe-t-elle.

Mélanie Ferreira avec Benjamin Rieth