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Régionales en Auvergne-Rhône-Alpes: le projet ferroviaire Lyon-Turin point de blocage d'une alliance à gauche?

Si la socialiste Najat Vallaud-Belkacem défend ce projet qu'elle juge bénéfique sur le plan économique et écologique, son homologue écologiste, Fabienne Grébert, plaide pour une utilisation renforcée des structures déjà existantes.

Les socialistes et les écologistes feront-ils cause commune pour détrôner Laurent Wauquiez? Si chaque camp dispose pour l'heure d'une tête de liste, la perspective d'une fusion avant le premier tour n'est pas encore écartée. Mais il faudra pour cela surmonter certains désaccords. La construction de la ligne ferroviaire Lyon-Turin, par exemple, est source d'annicroches.

Najat Vallaud-Belkacem, cheffe de file des socialistes en Auvergne-Rhône-Alpes, s'est prononcée en faveur du projet, vieux d'une quinzaine d'années et prévu pour 2030. Elle s'est rendue dans les Alpes cette semaine pour en faire la promotion. Il devrait même, selon elle, déjà être sur les rails.

"Ce que je reproche à Laurent Wauquiez, c'est de ne pas avoir fait avancer ce dossier depuis cinq ans et demi, tacle l'ancienne ministre. C'est quand même frappant. On a pris du retard. On a pris un retard préjudiciable à l'économie, à l'écologie et aux besoins des habitants de ce territoire."

Soulager les réseaux routiers

La candidate aux élections régionales espère convaincre les écologistes du bien-fondé de ce projet, visant à soulager les réseaux routiers.

"Je pense qu'eux-mêmes reconnaîtront qu'avoir la possibilité de réduire la pollution de l'air, avoir la possibilité de donner la part belle au transport ferroviaire par rapport à la route et même soutenir l'économie et l'emploi, c'est quand même de beaux objectifs", insiste Najat Vallaud-Belkacem.

Mais Fabienne Grébert, tête de liste des écologistes dans la région, maintien son opposition. "Nous, notre position, c'est toujours la même, rétorque-t-elle. C'est de mettre des camions sur les trains et de le faire tout de suite. (...) Aujourd'hui, il y a suffisament de place pour faire passer des trains sur les voies existantes. Nous ne sommes pas obligés d'attendre une quinzaine d'années pour mettre des camions sur les trains".

Le maire de Lyon y est opposé

Le maire EELV de Lyon, Grégory Doucet, s'est lui aussi déclaré contre ce projet qu'il juge trop coûteux. La facture duchantier du tunnel sous les Alpes est évalué à 8,6 milliards d'euros, répartis entre la France, l'Italie et l'Union européenne.

Les sympathisants écologistes de la région, eux, ne sont pas du même avis que le maire de Lyon. Selon un sondage rendu public par les promoteurs du projet mi-mars, 84% d'entre eux se disent favorables à la construction de cette liaison ferroviaire transalpine.

Corentin Marabeuf et Leïla Kessi avec Florian Bouhot