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"On est très contents": une famille lyonnaise de retour après des semaines en Afghanistan

49 Français et leurs proches sont finalement rentrés en France lundi, après avoir été bloqués à Kaboul. L'une de ces familles était partie cet été en vacances en Afghanistan. Elle a enfin pu reposer le pied sur le sol français.

23 heures, lundi, à Lyon. Shapour, casquette vissée sur la tête et masque sur le menton, laisse deviner un sourire sur son visage. Ce père de famille, sa femme Sonia et leurs enfants sont de retour à Lyon. Ils étaient coincés en Afghanistan, pays au mains de talibans, depuis plusieurs semaines. Embarqués dans un vol affreté par le ministère des Affaires étrangères, ils ont pu regagner la France avec une quarantaine d'autres passagers.

"On est très contents d'être là avec les enfants", souffle Shapour. "Je suis contente", complète Sonia dans un rire de soulagement. On est arrivés à la maison". Sofiane, 8 ans, est impatient de revoir ses camarades de classe: "J'ai raté une semaine d'école. J'ai envie de me reposer à la maison."

Le 23 juillet dernier, la famille lyonnaise prend la direction de Kaboul pour rendre visite à des proches. "Quand on est arrivé là-bas, c'était une vie normale. Les deux premières semaines se sont très bien passées avec la famille et les amis, se souvient Shapour. Mais après, le 15 août, tout a changé d'un coup."

Le 15 août, l'Afghanistan bascule

Cette date marque une bascule dans l'histoire du pays et de ses habitants. Deux semaines après le départ des soldats américains, les fondamentalistes islamistes prennent les commandes de Kaboul.

À l'instar de nombreux locaux ou d'expatriés, Shapour et les siens tentent de quitter le pays. En vain.

"On a essayé deux ou trois fois de faire la queue pour rentrer dans l'aéroport, poursuit le père de famille. Mais avec les petits enfants, ma fille de 3 ans, c'était difficile d'entrer et d'attendre 15-20 heures dans la queue."

Vers un placement à l'isolement?

L'avocat de la famille, maître Jean Sannier, a dû s'employer pour permettre à ses clients de fuir l'Afghanistan. "Il a fallu interroger le ministère, faire savoir qu'on suivait, qu'on était pas les seuls à suivre." Sa mission est désormais accomplie: "Ils sont là, ils sont chez eux".

La famille de Shapour attend les consignes des autorités de santé en vue d'un probable placement à l'isolement d'une dizaine de jours en raison de l'épidémie de Covid-19. De quoi pleinement profiter du calme du domicile familial.

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions