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Qui est Bruno Bernard, le futur président de la Métropole de Lyon?

Europe-Écologie-Les Verts a remporté dimanche soir les élections métropolitaines à Lyon. Bruno Bernard va prendre la présidence de la Métropole. Une victoire de prestige pour les Verts.

Il est le nouvel homme fort de Lyon. À 48 ans, Bruno Bernard va prendre la présidence de la Métropole de Lyon. Le candidat EELV a apporté dimanche soir à son camp une victoire de prestige aux élections municipales et métropolitaines. Les écologistes devraient ainsi obtenir la majorité absolue à l'assemblée métropolitaine, avec 75 à 84 sièges.

Avec le triomphe de Grégory Doucet à la ville, les écologistes se se retrouvent même avec les rênes totalement libres pour présider à la destinée de l’agglomération.

"On se connaissait un petit peu (avec Grégory Doucet) mais pas tant que ça. Depuis le mois d’octobre, on apprend à se connaitre, nos profils sont complémentaires. On a une cohérence d’idées, de projets (...) On pense les mêmes choses, il n’y a pas de difficultés ", dit Bruno Bernard de sa relation avec le favori pour la mairie, à BFMTV.com.

Dans les arcanes d'EELV

Pour se lancer dans la bataille électorale, le candidat EELV a décidé de "mettre une croix sur (son) activité professionnelle", lui qui dirige depuis 2007 une société spécialisée dans le désamiantage et emploie 25 employés aujourd’hui. "On est vraiment dans une urgence, il faut agir maintenant", explique-t-il, "j’ai estimé avec d’autres que j’étais le meilleur candidat".

Choisi au moment des primaires à la rentrée 2019, Bruno Bernard n'est pas un parfait inconnu dans le microcosme politique lyonnais. Fils de l'ancien maire d’Oullins, Roland Bernard - qui fut aussi sénateur - le candidat écologiste a d’abord fait ses armes au Parti socialiste "par fidélité familiale".

Ce n'est qu'en 2002 qu'il rompt avec son héritage pour intégrer les Verts. En 2008, ce grand amateur de basketball est élu dans la majorité écologiste et socialiste à Villeurbanne, ville où il s'est installé en 1991. Dans la foulée, il prend également des responsabilités au sein du grand Lyon où il siège pendant six ans à la commission des Finances.

Mais depuis 2014, ce chef d'entreprise, né à Sainte-Foy-les-Lyon, apparaissait en retrait. En charge des élections et des relations avec les autres partis politiques au sein du bureau national d’EELV depuis 2016, "j’ai souvent poussé des candidats (…) J’ai pris du temps au sein des Verts pour consolider", résume-t-il.

Un profil d'entrepreneur

Ses adversaires, eux, veulent plutôt voir dans cette fonction le symbole d'un candidat stratège, un homme d'appareil.

"C’est quelqu’un qui est un fin connaisseur de l’arithmétique électorale", note David Kimelfeld, actuel président de la Métropole de Lyon, candidat à sa réélection mais "la vie quotidienne des gens ne se règle pas sur Excel".

A droite, François-Noël Buffet, qui s'est associé à Gérard Collomb pour faire barrage aux écologistes au second tour, parle d'un "inconnu du grand public qui porte une alliance qui peut être difficile et compliquée pour la Métropole".

Pour convaincre, Bruno Bernard a choisi de mettre en avant son expérience de chef d'entreprise. "J’ai une crédibilité économique. Beaucoup plus que certains candidats. J’ai des solutions pour redémarrer l’économie sur le territoire", assure-t-il, voulant couper court aux critiques sur une prétendue inquiétude des milieux économiques face à une victoire des Verts.

"Ils ont essayé de monter des choses dans les milieux des entreprises, mais il n’y a pas eu grand-chose. J’ai vu les syndicats, le Rotary, la Fédération du bâtiment (...) des gros entrepreneurs, et le retour que j’ai c’est qu’ils ne sont pas spécialement inquiets", ajoute Bruno Bernard

"Il met en avant son profil d’entrepreneur, je ne comprend pas pourquoi il parle aussi peu des entreprises", tance pourtant son adversaire David Kimelfeld, qui s'estime même plus complémentaire avec Grégory Doucet, le candidat EELV à la mairie de Lyon. "Je porte un certain nombre de sujets, notamment sur la justice sociale, qui ne sont pas portés" par Bruno Bernard, assure l'actuel président de la Métropole.

Une victoire symbolique

S’il est élu, les premières mesures de Bruno Bernard seront pour faire face à la crise économique, "accompagner les secteurs qui ne vont pas repartir tout de suite: le tourisme et la culture". Il souhaite également "accélérer les projets" mis en suspens avec la crise sanitaire et les élections municipales, "dès le mois juillet (...) pour relancer l’économie et garnir les carnets de commande".

"Je veux incarner le renouveau des méthodes", poursuit Bruno Bernard, qui critique en creux l’ère Collomb qui s’achève à Lyon. Il table sur "un travail plus collégial avec l’exécutif" et "plus transversal dans les services". Il insiste sur le non cumul des mandats: "aucun adjoint à la mairie de Lyon ou maire d’arrondissement ne siègera à la Métropole". Il souhaite également voire plus de femmes à la direction des services les plus importants.

Surtout, une victoire dimanche soir serait pour le candidat écologiste la preuve "d’une prise de conscience des citoyens, un nouveau pas important".

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions