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"Le rideau ne va pas se relever": les acteurs de la culture du Nord-Pas-de-Calais entre tristesse et amertume

Le Théâtre Sébastopol, à Lille.

Le Théâtre Sébastopol, à Lille. - BFM Grand Lille

Fermés depuis l'entrée en vigueur du deuxième confinement, musées, théâtres et cinémas ne pourront finalement pas accueillir de clients à compter du 15 décembre. Une décision qu'ils peinent à digérer.

Ils avaient tout préparé. Les acteurs du monde la culture attendaient le 15 décembre avec impatience. Cette date aurait dû être synonyme de réouverture pour les musées, les théâtres et les cinémas mais en raison de la stagnation des indicateurs épidémiques, le gouvernement a décidé de repousser l'échéance, au plus tôt au 7 janvier.

Les professionnels du secteur du Nord et du Pas-de-Calais, pour beaucoup, peinent à digérer cette décision. Emu, Guy Marseguerra, directeur du théâtre Sébastopol de Lille, jette un regard vers la scène et les gradins de la salle principale.

"Le rideau était tombé depuis quelques semaines et il ne va pas se relever avant le 7 janvier, est-il contraint de reconnaître au micro de BFM Grand Lille. On est triste. On pense à ce théâtre qui va encore rester vide plusieurs semaines. On pense surtout aux artistes, au public, aux techniciens."

"Un peu de confiance brisée"

L'espoir était pourtant grand. "On s'était préparés pour repartir. Et on ne repart pas", soupire-t-il. Laurent Coët, vice-président des exploitants du cinéma du Nord-Pas-de-Calais, est plus amer.

"On est capables d'entendre les décisions, même les plus dures, assure-t-il. Mais on ne peut pas être fixés un jeudi à 18h en ayant travaillé trois semaines à la réouverture pour rien."

Laurent Coët reprend: "Une salle de cinéma, ce n'est pas un commerce qu'on rouvre en 48 heures ou en quatre jours. Il y a tout un travail préparatoire". Il déplore "la remise à l'arrêt de toute une filière", qui plus est "sans concertation, sans dialogue".

À ses yeux, "il y a quand même un peu de confiance qui est brisée". Car "on en a marre de travailler pour rien, très clairement".

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions