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Transports "gratuits" en Île-de-France: Pécresse s'en prend violemment à Pulvar et sa proposition

Invitée sur BFM Politique, la présidente de la région est revenue sur la proposition de l'adjointe à la mairie de Paris d'offrir la gratuité des transports aux Franciliens. "Les démagogues, ça ose tout, c'est à cela qu'on les reconnait" a-t-elle lâché.

Les transports seront-ils bientôt gratuits en Île-de-France? C'est en tout cas le souhait d'Audrey Pulvar, ajointe à la mairie de Paris et candidate officieuse à la présidence de la région, à cinq mois du scrutin. "C'est une question de justice sociale, d'accompagnement des classes populaires dans la transition écologique et de désenclavement des territoires", a-t-elle expliqué dans le JDD.

Réponse expresse de la présidente actuelle, Valérie Pécresse, invitée sur le plateau de BFM politique, ce dimanche:

"Vous me permettrez peut-être de paraphraser Michel Audiard", lance-t-elle. "Michel Audiard disait: 'Les démagogues, ça ose tout, c'est à cela qu'on les reconnait'."

Une phrase qui ressemble évidemment à l'originale, bien plus violente, du dialoguiste des Tontons flingueurs: "Les cons, ça ose tout, c'est à cela qu'on les reconnait."

Qui va alors payer?

"Il n'avait pas employé le mot démagogue mais moi je paraphrase" insiste-t-elle, avant de détailler: "Les transports gratuits, cela n'existe pas. Les transports, cela coûte 10,8 milliards d'euros par an en Île-de-France, il y quatre milliards qui sont apportés par les voyageurs quand ils prennent leur ticket. S'il faut faire la gratuité, il va falloir trouver ces quatre milliards."

Et de poursuivre : "Si ce ne sont pas les voyageurs qui payent, alors ce sont les contribuables. Alors on va allez dire aux cyclistes, aux piétons, aux retraités qui ne prennent pas les transports en commun, aux automobilistes: 'Vous allez payer 500 euros de taxes chaque année, pour financer les transports? On a fait l'étude parce que Madame Hidalgo avait essayé de pousser ce sujet, il y a quelques années, mais elle avait renoncé voyant justement que c'était impossible."

Sauf qu'Audrey Pulvar évoque "une contribution sur l'e-commerce et sur les entreprises les plus polluantes" pour assurer le financement. "Les entreprises payent déjà" répond Valérie Pécresse. "Elles payent quatre milliards tous les ans" via le versement mobilité qui est une "taxe sur les salaires. Cela veut dire que si vous doublez le versement mobilité […] les salariés auront une retenue sur salaire."

Et de conclure: "Il faut arrêter de prendre les Franciliens pour des canards sauvages."

Thomas Leroy Journaliste BFM Business