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Réforme des retraites: deux députés marcheurs questionnent l’exécutif

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Deux députés membres de la commission des Finances de l'Assemblée ont envoyé une lettre au gouvernement. Ils mettent en doute la capacité à payer les coûts indirects de la réforme des retraite.

Le chef de l'Etat les avait appelés à "l'unité" et à "vendre" la réforme des retraites. Mais deux députés LREM, piliers de la commission des Finances de l'Assemblée, n’ont pas suivi docilement cette directive.

Mardi, Emilie Cariou et Laurent Saint-Martin ont écrit au Premier ministre pour l'interroger sur la faisabilité de la réforme: "pas sur son coût global mais sur les impacts budgétaires des différentes compensations", précise Emilie Cariou. Exemple: l’augmentation des salaires des enseignants-chercheurs ou les baisses de CSG des avocats et autres professions indépendantes.

Enseignants et indépendants

Quel est le surcoût annuel du budget pour l'Etat? Quel est le calendrier de montée en charges? Quels sont les enseignants ciblés? Qu'adviendra-t-il des autres enseignants? Et pour les avocats et indépendants, quels sont les montants annuels de perte de cotisations et contributions sociales? Comment sera financée la réduction de ces recettes?

​​​​​​​Une quinzaine de questions, car "rien n'est clair", a pointé Emilie Cariou au Monde. "Rien qu'avec les questions de cette lettre, on est sûrement déjà sur un paquet de milliards", estime la députée.

Des milliers d'amendements

La lettre des deux auteurs a aussitôt été évoquée à l'Assemblée qui se trouvait en commission spéciale retraites. Mardi soir, elle a, fait inédit, échoué à adopter le principal volet de la réforme, car elle s'est retrouvée noyée sous des milliers d'amendements. Elle a en revanche adopté mercredi son volet organique. Avec la "règle d'or" qui prévoit une trajectoire pluriannuelle sur cinq ans imposant l'équilibre du système.

Pour "montrer l'exemple", les députés de la majorité ont voté en faveur d'une application anticipée à 2022, contre 2025 normalement, de la réforme des retraites pour les parlementaires

Fanny Guyomard avec AFP