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Le Danemark veut taxer les riches et les banques pour financer des départs en retraite anticipée

Mette Frederiksen le 12 mai 2020.

Mette Frederiksen le 12 mai 2020. - Philip Davali / Ritzau Scanpix

Pour financer sa réforme des retraites dont le coût est estimé à 400 millions d'euros, le gouvernement danois prévoit de lever de nouveaux impôts auprès des hauts revenus, des fonds de pension et des banques.

C’était l’une des principales promesses de campagne de la Première ministre Mette Frederiksen. A compter de 2022, quelque 38.000 Danois pourront prétendre à une retraite anticipée prévue dans le cadre d’une réforme à venir du gouvernement social-démocrate, rapporte Bloomberg.

"Nous mettrons en place un nouveau programme pour ceux d'entre vous qui travaillent depuis le plus longtemps. Pour ceux qui ont payé leurs impôts tout au long de leur vie professionnelle et ont fait certains des travaux les plus difficiles", a déclaré la dirigeante danoise.

Concrètement, il faudra justifier d’au moins 42 ans de cotisations à l’âge de 61 ans pour pouvoir percevoir une pension anticipée avant l’âge légal de départ qui passera à 67 ans en 2022 (contre 65,5 ans actuellement). Dit autrement, un travailleur de 61 ans sur le marché du travail depuis 42 ans pourra toucher sa pension dès 66 ans, tandis que ceux travaillant depuis 43 ou 44 ans y seront éligibles respectivement à 65 et 64 ans. En revanche, il ne sera pas possible de prétendre à une retraite anticipée avant 65 ans à partir de 2030, puisque l’âge légal de départ sera alors fixé à 68 ans.

Les hauts revenus et les banques mis à contribution

Le coût de ce nouveau dispositif est estimé à 3,1 milliards de couronnes danoises en 2025, soit 400 millions d’euros. Pour le financer, le gouvernement prévoit de lever de nouveaux impôts qui viseront les hauts revenus, les fonds de pension ainsi que les banques dès 2023.

L’association des banques danoises a dénoncé le projet du gouvernement qui n’a, estime-t-elle, rien à voir avec l’activité de son secteur. Par ailleurs, cette réforme "rend plus difficile le soutien à la croissance et l’emploi pour le secteur financier", a souligné Ulrik Nodgaard, directeur de Finans Danmark.

Pour être définitivement validé, le projet devra encore recevoir le feu vert du Parlement. Mais Mette Frederiksen s'est montrée particulièrement optimiste: "Je ne peux pas imaginer qu’il n’obtienne pas une majorité au Parlement", a-t-elle déclaré.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco