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Réforme des retraites: ces scénarios alternatifs envisagés par l'exécutif

Les pensions d'environ 5% des retraités vont être revalorisées

Les pensions d'environ 5% des retraités vont être revalorisées - Joel Saget

Une note de la direction de la Sécurité sociale, dévoilée par Le Parisien, avance plusieurs pistes pour clore l'explosif dossier des retraites sans pour autant renoncer à la transformation du système.

En suspens depuis le mois de mars en raison de la crise sanitaire, la réforme des retraites devrait revenir sur le devant de la scène dans les prochains mois. Début juillet, Emmanuel Macron assurait lui-même qu'il n'y aurait pas d'abandon du projet mais se disait "ouvert" à ce qu’il soit "transformé".

Conscient du risque d’embrasement social, le gouvernement a commencé à travailler sur des alternatives pour mieux faire accepter son projet de système universel. Révélés ce dimanche par nos confrères du Parisien, ces différents scénarios pensés pendant le confinement figurent dans une note de la direction de la Sécurité sociale intitulée "Devenir du projet de réforme des retraites".

"S’il était considéré que le contexte politique né de la crise sanitaire rendait impossible la reprise du projet de réforme systémique tel quel, cette note et les fiches ont pour objet d'expertiser des scénarios de réforme de retraite alternatifs au projet actuel", est-il écrit.

Quels aménagements?

Cinq "scénariis alternatifs" sont envisagés. Le premier consisterait à accepter l’idée d’une clause du grand-père intégrale. Dit autrement, la transition progressive vers le régime universel ne s'appliquerait plus à partir de 2022 comme prévu. Seuls les nouveaux entrants sur le marché du travail seraient concernés, les premiers étant les jeunes nés en 2004. Les auteurs de la note estiment que ce projet aurait l’avantage d’être mieux accepté socialement. Il pourrait néanmoins être perçu comme "un abandon de la réforme", mettent-ils en garde.

Seconde option: le système resterait bâti sur deux étages, soit un régime de base et un régime complémentaire. Pour ce qui est du régime de base, les règles de calcul seraient les mêmes pour tous avec une convergence des cotisations entre les différents régimes existants, conformément au projet de système universel. S’agissant du second étage en revanche, il pourrait être divisé en trois régimes (privé, non salarié, public) complémentaires de sorte que les spécificités de chaque profession puissent continuer à être prises en compte, du moins en partie.

Le troisième scénario, bien que peu probable, mettrait de côté le projet de réforme tel qu’envisagé initialement pour se contenter de quelques mesures fortes comme la disparition des régimes spéciaux. Le quatrième prévoit quant à lui une "baisse des coûts de gestion" qui passerait par une baisse du nombre de caisses et de leurs effectifs.

Des mesures d'économies

Enfin, le cinquième et dernier scénario suggère des mesures visant à rétablir l’équilibre financier du système de retraites. Les auteurs de la note évoquent plusieurs pistes. D’abord, le relèvement de l’âge légal de départ à 64 ans, "soit trois mois par génération à partir de la génération de 1962", ajoute Le Parisien. Est également envisagée, la mise en place d'un âge minimal à partir duquel un salarié pourrait partir sans décote, mêlée à une baisse de l’âge du taux plein. Concrètement, il faudrait travailler jusqu’à 64 ans minimum pour percevoir sa retraite à taux plein (contre 62 aujourd’hui). En revanche, le taux plein sera obligatoirement atteint à 65 ans, au lieu de 67 ans actuellement.

Pour faire des économies, une accélération de la réforme Touraine figure aussi parmi les options possibles. La durée de cotisation augmenterait d’un trimestre supplémentaire par génération pour arriver plus vite aux 43 et 44 ans de cotisations, alors que le calendrier actuel prévoit un trimestre supplémentaire tous les trois ans. Dernière mesure: envisager une moindre revalorisation des pensions de retraites.

"Le président de la République a certes annoncé que les retraites seraient à nouveau intégralement indexée sur les prix à compter de 2021, mais le contexte a économique a changé", justifient les auteurs de la note.
https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco