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Le blocage du port de Marseille a coûté 100 millions de pertes à l'économie locale, selon la CCI

L'activité des containers sur le port de Marseille a été ralentie de 20% en moyenne, a notamment relevé la CCI de Marseille.

L'activité des containers sur le port de Marseille a été ralentie de 20% en moyenne, a notamment relevé la CCI de Marseille. - Christophe SIMON-AFP

La Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de la métropole de Marseille évalue à près de 100 millions d'euros les pertes dues en décembre aux actions de blocage du port contre la réforme des retraites

Les actions "port mort" initiées en décembre 2019 à Marseille par la CGT Ports et Docks a déjà pénalisé lourdement l'économie locale. Selon la Chambre de commerce et d'industrie (CCI), qui s'est appuyée sur les déclarations de ses membres, évalue les pertes dues à ces opérations dites de "port mort" ont atteint 33 millions d'euros liés à la baisse d'activité, 25 millions de manque à gagner de rentrée fiscale (TVA) et 41 millions de surcoût "pour les clients qui ont dû acheminer leur marchandise depuis un autre port", soit près de 100 millions d'euros au total.

"L'activité des containers a été ralentie de 20% en moyenne", a notamment relevé Jean-Luc Chauvin, président de la CCI, à la veille du lancement d'une nouvelle opération de blocage, qui doit durer de mercredi à vendredi. Dans le domaine de la croisière, les escales annulées "ont coûté très cher aux compagnies, qui ont dû engager des frais supplémentaires pour emmener leurs clients par voie terrestre à Barcelone ou à Savone".

Le chantier naval a aussi été pénalisé

Le chantier naval, et notamment la forme 10 (la plus grande d'Europe) a aussi été très impacté: "Deux bateaux très importants ont décidé d'aller ailleurs et risquent de ne plus revenir", a assuré M. Chauvin.

"C'est catastrophique pour l'image, on est en train d'assister au démantèlement de 10 ans de travail commun entre salariés et entrepreneurs portuaires pour redorer l'image du port de Marseille et sa fiabilité", a estimé le président de la CCI.

Jean-Luc Chauvin a appelé les syndicats à "la responsabilité": "Des armateurs étrangers appellent déjà à ne plus passer par Marseille, c'est l'emploi qui est menacé". "Je leur demande, pour les jours à venir, de respecter s'ils le souhaitent le mot d'ordre national, mais en bloquant seulement une rotation par jour pour permettre aux bateaux d'opérer", a-t-il proposé.

"Il est hors de question d'arrêter quoi que ce soit, en France le droit de grève existe encore!", a réagi un porte-parole de l'Union départementale de la CGT.

La CCI, qui a réactivé la cellule de crise aux entreprises ouverte lors du mouvement des "gilets jaunes", demande aussi à la préfecture d'autoriser le travail dominical "pour permettre de rattraper un peu la baisse d'activité". Le Grand port maritime de Marseille-Fos est le premier port de France en tonnage.

F.B avec AFP