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Quatre régions commandent les 12 premiers trains à hydrogène français à Alstom

Les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie lancent la première commande de trains bi-mode électrique-hydrogène en France.

C'est une étape historique dans la transition écologique du transport ferroviaire français. Alstom annonce en effet ce jeudi avoir reçu commande de douze trains à hydrogène de la part de SNCF Voyageurs pour le compte quatre régions: Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie. Il s'agira des premiers trains de ce nouveau type à rouler sur le réseau hexagonal. Les premiers essais sont annoncés dès 2023.

Le président d'Alstom France Jean-Baptiste Eyméoud envisage "les premiers essais sur voie fin 2023, et a priori une mise en service commerciale en 2025", précise l'AFP Avec près de deux ans de retard sur les ambitions initiales du gouvernement.

"Ca va être une vraie démonstration, un vrai service commercial dans chaque région", avec "des conditions d'exploitations normales", promet-il.

Après les trains utilisant les technologies vapeur, thermique, puis électrique, il s’agit du début d’une véritable révolution dans la mobilité ferroviaire. Cette première nationale contribue à l’ambition de transition énergétique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et le bruit, enjeu soutenu par l’Etat français au travers de son plan Hydrogène initié en juin 2018" commente Alstom.

Le montant de ce contrat pour le constructeur ferroviaire français est de 190 millions d'euros. D’autres régions "ont d’ores et déjà fait part de leur intérêt pour participer au projet dans un second temps", ajoute le groupe.

600 kilomètres d'autonomie sans polluer

Le train Coradia Polyvalent bi-mode électrique-hydrogène permet de répondre à la mixité du réseau ferré national et bénéficie d’une autonomie pouvant aller jusqu’à 600 kilomètres sur les portions de lignes non électrifiées. Composé de quatre voitures, ce train de 72 mètres offre une capacité totale de 218 places assises et les mêmes performances dynamiques et de confort que la version bi-mode électrique-diesel.

Ces trains seront fabriqués en France et mobiliseront plus de 2000 emplois chez Alstom et ses fournisseurs. Six des quinze sites d’Alstom en France participent au projet dont Reichshoffen pour la conception et l’assemblage.

La France a tout pour devenir un champion de l’hydrogène: le Gouvernement est pleinement engagé pour faire de cette ambition une réalité. Nous financerons les frais de développement du premier train régional à hydrogène français à hauteur de 47 millions d’euros. Je me réjouis que les quatre régions partenaires aient pu confirmer, grâce à ce soutien, la commande des premiers trains", commente Jean-Baptiste Djebbari, Ministre délégué chargé des Transports.

"Alstom est la première entreprise ferroviaire au monde à avoir proposé un train à hydrogène sur le marché et à maîtriser cette technologie grâce à son matériel iLint développé pour le marché allemand. Cette nouvelle commande pour le marché français s’inscrit dans l’ambition du groupe Alstom de devenir leader du marché de la mobilité verte et intelligente et de contribuer au déploiement d’un écosystème H2 performant sur les territoires", ajoute Jean-Baptiste Eyméoud, Président d’Alstom France.

Rappelons qu'Alstom est un l'un des pionniers du train à hydrogène. Il a déjà reçu des commandes fermes pour 41 trains régionaux à hydrogène en Allemagne, qui doivent entrer en service commercial à partir de 2022. Mais là où les modèles allemands sont monomodes, fonctionnant uniquement à l'hydrogène, les français seront bimodes, capables également de rouler sous caténaires en traction électrique.

Des contrats en Allemagne et en Italie

Le constructeur ferroviaire français a annoncé par ailleurs avoir remporté un premier contrat de 160 millions d'euros en Italie pour fournir six trains régionaux à hydrogène destinés à la région de Milan.

Il s'agit de proposer une alternative aux trains diesel sur les lignes non électrifiées. En France, le gouvernement a prévu sept milliards d'euros pour le développement de la filière hydrogène jusqu'en 2030.

Garantis "à zéro émission", les trains à hydrogène émettent uniquement de la vapeur d'eau et de l'eau condensée. Par le mélange de l'hydrogène embarqué à bord et de l'oxygène présent dans l'air ambiant, une pile à combustible installée dans la toiture produit l'électricité nécessaire à la traction de la rame. Des batteries permettent en outre de stocker l'énergie récupérée pendant le freinage, qui est réutilisée dans les phases d'accélération.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business