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Alstom va vendre des trains à hydrogène en Italie

Alimenté par une pile à combustible dans laquelle l'hydrogène est transformé en énergie électrique, le train Coradia iLint émet uniquement de la vapeur d’eau et de l'eau condensée.

Alimenté par une pile à combustible dans laquelle l'hydrogène est transformé en énergie électrique, le train Coradia iLint émet uniquement de la vapeur d’eau et de l'eau condensée. - Alstom

Le constructeur ferroviaire français a annoncé avoir remporté un premier contrat de 160 millions d'euros en Italie pour fournir six trains régionaux à hydrogène destinés à la région de Milan.

Alstom accélère dans le train à hydrogène. Le groupe français a en effet annoncé ce jeudi avoir remporté un premier contrat en Italie. Il fournira à la compagnie régionale Ferrovie Nord Milano (FNM), sic trains à hydrogène. Montant de l'opération: 160 millions d'euros.

Le contrat prévoit la livraison du premier train dans les trois ans après la signature de la commande. Il comprend une option pour huit autres rames, a précisé dans un communiqué le groupe français, pionnier dans les trains à hydrogène.

Alstom va concrètement adapter à sa plate-forme de trains régionaux Coradia Stream, déjà produite en Italie, la technologie de propulsion par pile à combustible éprouvée depuis 2018 en Allemagne.

Si les trains destinés à FNM seront construits dans les usines du groupe français en Italie, la chaîne de traction hydrogène sera fournie comme pour les modèles allemands par l'usine de Tarbes, dans le sud-ouest de la France.

"La version à hydrogène égalera les performances opérationnelles des trains diesel, y compris leur autonomie" d'environ 1.000 km entre deux pleins, a promis Alstom.

En France, pas avant 2023

Garantis "à zéro émission", les trains à hydrogène émettent uniquement de la vapeur d'eau et de l'eau condensée.

Par le mélange de l'hydrogène embarqué à bord et de l'oxygène présent dans l'air ambiant, une pile à combustible installée dans la toiture produit l'électricité nécessaire à la traction de la rame. Des batteries permettent en outre de stocker l'énergie récupérée pendant le freinage, qui est réutilisée dans les phases d'accélération.

Alstom a déjà reçu des commandes fermes pour 41 trains régionaux à hydrogène en Allemagne, qui doivent entrer en service commercial à partir de 2022.

La France réfléchit elle aussi à passer à l'hydrogène pour remplacer une partie de ses vieux trains diesel sur des lignes non électrifiées. Quatre régions sont intéressées par l'achat de 14 rames pour commencer, mais les discussions avec Alstom et la SNCF ont pris du retard et les premiers prototypes ne devraient pas circuler avant 2023.

Initialement, l'objectif affiché était de faire circuler un prototype avant la fin du mandat d'Emmanuel Macron, en 2022. Et le patron de la SNCF d'alors, Guillaume Pepy, avait annoncé son intention de signer pour les premières machines à l'été, puis à l'automne 2019.

La SNCF, longtemps réticente, a fini par se convertir à l'hydrogène, désormais considéré comme une bonne option pour remplacer le diesel.

"Nous sommes en discussion avec des régions, avec l'Etat" pour l'exploitation de ce train mais sur BFM Business, Henri Poupart-Lafarge, patron d'Alstom, rappelle que l'utilisation de l'hydrogène implique également la construction d'infrastructures dédiées pour la livraison de l'hydrogène ou des stations de recharge. "L'implication des pouvoirs publics est clé dans cette affaire", souligne le PDG.

Rappelons que le gouvernement a annoncé un plan de 7 milliards d'euros en faveur de cette filière.

Olivier Chicheportiche avec AFP avec AFP