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Quand Musk découvre le triste sort des ouvriers d'un sous-traitant de Tesla

Dans un tweet publié lundi 16 mai, Elon Musk dit découvrir l’affaire dans la presse. Il lance une enquête interne sur les recrutements chez ses sous-traitants.

Dans un tweet publié lundi 16 mai, Elon Musk dit découvrir l’affaire dans la presse. Il lance une enquête interne sur les recrutements chez ses sous-traitants. - Bill Pugliano - Getty Images North America/AFP

"5 dollars de l'heure, 6 jours par semaine, c'était le quotidien de salariés étrangers recrutés par un sous-traitant de Tesla. Après un accident du travail, un électricien slovène a attaqué le groupe américain et son employeur. Elon Musk tente d'éteindre la polémique."

Tesla symbolise le progrès, la modernité, voire même un certain esprit de liberté. Ce rêve américain vient d'être -un peu écorné- à la suite de révélations sur le traitement de salariés étrangers recrutés par l'un de ses sous-traitants. Rapportée par le site Mercury News, l'affaire fait suite à l’accident d’un électricien slovène sur le chantier d'agrandissement de l'usine du constructeur.

Gregor Lesnik avait été embauché par Vuzem, un sous-traitant d'Eisenmann, une société allemande à qui Tesla avait confié les travaux d'agrandissement du site où sont assemblées ses voitures électriques. Il travaillait six jours sur sept et dix heures par jour pour 5 dollars de l’heure. Tombé du toit du futur atelier de peinture sur lequel il travaillait, cet électricien s'était brisé les deux jambes. Son employeur, Vuzem, l’aurait rapidement rapatrié, arguant qu’il tenait à rentrer chez lui pour se faire soigner. Mais dès son arrivée en Slovénie, l’électricien a déposé plainte contre Tesla, Eisenmann et Vuzem.

L'homme ne défend pas que son cas personnel. Il affirme que le sous-traitant aurait embauché 140 travailleurs slovènes et croates en infraction avec le Code du travail américain sur le recrutement de travailleurs étrangers. Pour le même travail, en Californie, un salarié américain perçoit 52 dollars de l’heure, soit plus de dix fois plus que la rémunération versée par Vuzem.

Elon Musk hausse le ton

Alors que la polémique s'est mise à enfler au-delà de la Californie, Elon Musk a vite réagi. Il assure avoir découvert l’affaire dans la presse et affirme qu'il va lancer une enquête interne sur les méthodes de recrutements de ses sous-traitants. "Ce n’est pas un problème juridique, mais une question morale", affirme le fondateur de Tesla qui promet de prendre de sérieuses mesures s’il "est confirmé que M. Lesnik et ses collègues ont vraiment été payés 5 dollars de l’heure". Et sans attendre, il a promis de prendre soin de la santé de Gregor Lesnik. 

Sur blog Tesla Motors, Elon Musk pousse même un peu loin ses engagements: "Nous ne tolérons pas qu'on travaille chez Tesla dans les circonstances décrites par l'article [de Mercury News]. Tesla est l'employeur qui propose le meilleur tarif horaire de l'industrie automobile américaine."

Va-t-il s’inspirer des méthodes mises en place par Microsoft l’an dernier pour apporter un peu plus d’égalité entre ses salariés et ceux des sous-traitants? En 2015, le groupe a accepté de mieux rémunérer ses partenaires dès lors qu'ils s'engagent à offrir 15 jours de congés payés à leurs équipes. Elon Musk va-t-il mieux rémunérer ses sous-traitants moyennant un engagement sur les conditions de travail de leurs salariés? Tesla ne fait aucune promesse précise en la matière. Le constructeur automobile se place surtout sur le terrain moral: "Nous ne serons jamais une entreprise qui par son action ou son inaction, se laisse entraîner sur une mauvaise voie juste pour économiser de l'argent".

Pascal Samama