BFM Business
Transports

Les sanctions contre la Russie mettent les loueurs d'avions européens sous pression

Les sanctions européennes envers Moscou imposent aux loueurs d'avions européens de récupérer leurs appareils loués à des compagnies russes avant le 28 mars.

Les sanctions prises par les Occidentaux envers Moscou virent au casse-tête pour les sociétés spécialisées dans la location d’avions. Au-delà de la fermeture de son espace aérien, l’Union européenne a décidé d’interdire l’exportation vers la Russie d’aéronefs ainsi que de pièces et équipements de l’industrie aéronautique. Or, la majorité des avions commerciaux des compagnies russes sont loués, dont plus de la moitié à des sociétés étrangères et surtout européennes.

Au total, 515 appareils sont loués par des firmes de l’UE à des compagnies russes pour une valeur de 12 milliards d’euros. L’Irlande où sont implantées les plus grandes entreprises de leasing est particulièrement concernée. Basée à Dublin, la plus grande société du secteur AerCap loue à elle seule 152 avions à des compagnies russes ou ukrainiennes pour une valeur de 2,1 milliards d’euros.

Les sociétés de location d’avions européennes ont jusqu’au 28 mars pour résilier les contrats et récupérer leurs appareils. Une "mission impossible", selon Ulick McEvaddy, fondateur d’Omega Air, entreprise de vente et de location d’avions. "Cela prendra des mois", a-t-il assuré auprès du Irish Times.

Coûts supplémentaires

Les spécialistes du secteur craignent que les compagnies aériennes russes ignorent les appels des loueurs européens et continuent à faire voler les avions. Ou encore qu’une loi prise par le Kremlin ne conduise à la saisie des appareils. Fort heureusement, tous les avions loués par des compagnies russes ne se trouvent pas forcément en Russie. Ceux stationnés dans des aéroports étrangers pourraient être plus faciles à récupérer.

Pour les autres, rien n’est certain. "Nous pouvons rencontrer des obstacles susceptibles d’engager des coûts et des dépenses importants lors des reprises" d’avions a reconnu AerCap, citée par le New York Times. Une fois les contrats résiliés, les compagnies russes n’auront plus à effectuer de paiements pour la location de leurs appareils, ni à les entretenir. "Cela pourrait s’avérer très coûteux pour les bailleurs", a déclaré auprès du quotidien américain Phil Seymour, spécialiste de l’aviation au sein de la société de conseil IBA.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco