BFM Business

Île-de-France: Pécresse supprime l'aide au transport des sans-papiers

Valérie Pécresse, nouvelle présidente de la région Île-de-France

Valérie Pécresse, nouvelle présidente de la région Île-de-France - Jacques Demarthon - AFP

L'opposition de gauche dénonce une mesure qui stigmatise des étrangers qui sont "dans la grande précarité", pendant que le FN se frotte les mains.

La Région Ile-de-France présidée par Valérie Pécresse (LR) a voté ce jeudi la suppression de ses aides au transport pour les étrangers en situation irrégulière par souci de "justice et d'équité". Cette mesure, approuvée par le Front national et vivement dénoncée par l'opposition de gauche, a été adoptée par 131 voix pour et 64 contre.

"C'est une mesure de justice sociale, d'équité et nous l'assumons", a lancé Stéphane Beaudet (LR), vice-président aux Transports, en évoquant cette promesse de campagne de Valérie Pécresse.

"J'ai vu le Premier ministre Manuel Valls" pour parler du financement du passe Navigo et "il m'a dit qu'il n'était pas du tout choqué" par ce projet, a lancé Valérie Pécresse aux élus socialistes.

117.000 personnes concernées

La Région supprime ainsi une aide qui permet aux étrangers en situation irrégulière titulaires de l'AME (Aide médicale d'Etat), de bénéficier de 75% de gratuité de leur passe Navigo à tarif unique de 70 euros. La majorité, qui indique que 117.000 personnes sont concernées, espère ainsi récupérer 52 millions d'euros. Elle cherche à combler un trou de 300 millions d'euros laissé selon elle par la mandature précédente pour financer ce passe Navigo, mis en place quelques mois avant les élections.

Le Front national s'est félicité de la mesure. "Quelle fierté et quel plaisir de voir une des principales propositions du programme du FN" soumise au vote, s'est exclamé Aurélien Legrand, vice-président du groupe.

"L'objet de cette mesure n'est pas de gagner de l'argent mais de stigmatiser les étrangers", s'est emporté François Kalfon (PS) en accusant Valérie Pécresse de vouloir "payer les factures impayées des électeurs du FN".

En traitant ces personnes "comme des délinquants, vous faites injure à des milliers de gens qui sont dans la plus grande précarité", a ajouté Pierre Serne (EELV). "Vous choisissez de faire de cette mesure injuste un des symboles de votre début de mandat", a regretté Fabien Guillaud-Bataille (FG).

la rédaction avec AFP