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Barcelone veut interdire le short et le marcel pour les chauffeurs de taxis

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- - LLUIS GENE / AFP

A Barcelone, les chauffeurs de taxis se laissent aller dès que la chaleur monte. Leur autorité a décidé de leur imposer une tenue "conformes aux normes sociales". Comme les VTC, ils devront abandonner short, marcel et sandales pour un pantalon de ville et une chemise propre.

A Barcelone, les taxis se font à nouveau ubériser, mais cette fois d’une manière inattendue. L’association barcelonaise des taxis (Instituto metropolitano del taxis, IMeT) a décidé d’imposer aux chauffeurs les codes des sociétés de VTC. En clair, ils devront abandonner bermudas, t-shirts sans manche et sandalettes. L'Imet veut leur imposer une tenue moins décontractée constituée au moins d'un pantalon et d'une chemise, voire d'une veste et d'une cravate. Il faudra aussi que ces vêtements soit d'une propreté irréprochable.

Pour les contraindre à changer de style, elle s’appuie sur un article du code des taxis qui précise que "les vêtements des chauffeurs doivent être conformes aux normes sociales". À aucun moment, l’Imet ne cite les compagnies de VTC. Pourtant, ce sont bien elles qui ont inspirées ce code vestimentaire. Dans la capitale de Catalogne, les chauffeurs de VTC portent tous un costume et une cravate pour accueillir les clients.

Ne plus travailler avec "les aisselles à l’air"

Les barcelonais trouvent l’idée plutôt bonne. Dans un sondage en ligne réalisé par 20 Minutos, plus de 76% des répondants l’approuvent. Mais chez les professionnels elle est loin de faire l’unanimité, d’autant que l’été approche avec des températures pouvant dépasser les 30 degrés.

Interrogés par le journal L’Avangardia, des chauffeurs estiment qu’ils sont suffisamment présentables, même s’ils adoptent des tenues plus confortables en période estivale. L’un d’eux pointe même une forme d’inégalité avec les femmes. "L’été, elles portent des débardeurs et la nouvelle règle n’évoque pas le port de la jupe", note un taxi barcelonais qui a demandé si lui aussi pourra en porter une.

María Teresa Carillo, directrice de l'Imet, n’a pas éludé la question. "Si vous vous épilez, pourquoi pas, mais nous ne pouvons plus permettre de travailler avec les aisselles à l’air", a-t-elle répliqué non sans humour avant d’ajouter pus sérieusement que sinon, "la concurrence des VTC finira pour nous avaler".

Des amendes de 60 à 250 euros

En France, la profession n’en est pas arrivée là. Les taxis s’habillent comme ils veulent tant que leur tenue est correcte. A chacun d’apprécier. Même chez les VTC, les règles s’assouplissent, notamment chez Uber qui n’impose plus le costume, contrairement à Chauffeur Privé qui reste inflexible, surtout sur la cravate rouge.

Par contre, au Canada, un code bien plus strict qu’en Catalogne a été imposé aux taxis dès 2016. Et gare à celui qui ne le respecte pas. Un chauffeur a écopé d'une amende de 174 dollars pour avoir porté un jean pendant ses heures de travail.

À Barcelone aussi des amendes de 60 à 250 euros pourront être infligées selon le degré de décontraction du chauffeur. Mais, les chauffeurs ne sont pas inquiets. "L'Imet n'a que quatre inspecteurs pour faire respecter la réglementation", indique le patron d’une société de taxis. Il rappelle qu'en 2017, sur 550 contrôles, seulement cinq chauffeurs ont été sanctionnés pour des tenues très inadaptées. On ne saura pas jusqu'où ils avaient poussé la décontraction.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco