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Poster compulsivement des selfies sur Instagram et Facebook relève du trouble mental

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- - Maurits Verbiest - CC

VIDÉO - Des chercheurs britanniques et indiens ont mené une vaste étude sur le selfie, dont il ressort que la pratique trop intense peut être considérée comme une addiction, et nuire à la santé mentale de ses adeptes.

Si vous ne pouvez pas manger des pâtes au jambon sans que vous prenne une envie irrésistible de vous prendre en photo devant l’assiette avant de la publier sur Instagram (#IlovePasta), vous souffrez peut-être d’une vraie maladie : la selfite ("selfitis" en anglais).

Des chercheurs de l’université de Nottingham et de l’école de management de Thiagarajar en Inde ont en effet établi, au terme d’une recherche scientifique publiée dans le Journal international de santé mentale, que l’addiction au selfie constituait un trouble mental réel.

Trois degrés d'addiction

Ils ont interviewé plusieurs centaines de personnes sur leurs habitudes en matière de selfie, le sentiment d’importance ou de validation personnelle que les autoportraits et leur publication sur les réseaux sociaux leur procurent. Conclusion: il s’agit d’une addiction comme une autre, souvent liée à un manque de confiance en soi et un besoin de s’intégrer au groupe.

Les chercheurs distinguent trois degrés d’addiction: du niveau 1, qui consiste à prendre au moins trois selfies par jour sans les poster sur les réseaux sociaux, au plus sévère, prendre des selfies de façon incontrôlable et les publier sur Facebook et Instagram plus de six fois par jour.

30 morts liées au selfie en 2017

L’étude a été menée en Inde, et ce n’est pas un hasard. C’est le pays au monde qui compte le nombre le plus élevé de décès liés au selfie, avec en moyenne 60% du total mondial sur les trois dernières années. Cette année, 30 personnes dans le monde sont mortes en prenant des risques inconsidérés pour se mettre en scène dans un selfie.

La selfite est donc la dernière-née des nouvelles maladies psychiques et physiques liées aux smartphones. Elle s'ajoute à la nomophobie, anxiété liée au fait d’être privé de son smartphone, et au "text neck", une déformation de la colonne vertébrale mis en lumière par des chercheurs américains, due au fait qu’on passe son temps penché sur son smartphone. Un mal qui pourrait affecter notamment les jeunes générations.

Anthony Morel, édité par N.G.