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Netflix mise sur le cinéma pour recruter de nouveaux abonnés

Ted Sarandos juge que Netflix n'a pas besoin du box office pour rentabiliser son investissement dans le cinéma

Ted Sarandos juge que Netflix n'a pas besoin du box office pour rentabiliser son investissement dans le cinéma - AARON DAVIDSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Après les séries, le groupe se lance désormais dans le septième art. Son directeur des programmes Ted Sarandos explique au Figaro avoir quatre ou cinq films en cours de production. Il assure par ailleurs que le lancement de Netflix en France "a été un succès".

Netflix secoue la croisette. Le géant américain de la VOD a en effet décidé de tenter l'aventure au cinéma en produisant des films. Un moyen de diversifier son offre auprès de ses abonnés en garantissant des exclusivités sur son service.

Le directeur des programmes du groupe et patron des acquisitions, Ted Sarandos participe ainsi au festival de Cannes pour représenter le géant américain, nouvel acteur du septième art.

Vendredi, ses propos ne sont pas passés inaperçus. Lors d'une conférence, il s'en est notamment pris aux textes français qui interdisent à Netflix de de proposer un film sur son service de VOD moins de 36 mois après sa sortie sur grand écran. Des règles qui, selon lui, affaiblissent le cinéma.

Résultat: le premier film produit par Netflix, Tigre et Dragon 2, prévu pour août prochain, ne verra jamais le jour dans les salles obscures de l'Hexagone.

"Il est important de donner le choix au consommateur"

"Nous avons décidé de ne pas le sortir en salle. Ma préférence serait qu'il puisse être disponible sur les deux (au cinéma et en VOD, ndlr). Mais ce n'est pas possible tant pis", regrette ainsi Ted Sarandos dans une interview au Figaro de ce samedi 16 mai.

Or pour Netflix sortir une production sur les deux canaux car "il est important de donner le choix aux consommateurs. Aujourd'hui le choix du lieu pour voir un film est différent de ce qu'il était il y a vingt ans". Et Ted Sarandos d'ajouter logiquement que "le box-office n'est pas important dans notre modèle économique (…) La monétisation de notre investissement dans le cinéma vient uniquement du recrutement de nouveaux abonnés sur Netflix. Nous croyons que la valeur réside dans l'accès à notre service".

Il explique ensuite ne pas savoir encore combien de films Netflix sortiront au cinéma "au-delà des quatre ou cinq films en cours de production". "Je ne sais pas encore si notre offre de films originaux va séduire nos abonnés. Mais c'est un premier pas intéressant dans le cinéma", confie-t-il.

Interrogé rapidement sur le développement de Netflix en France, qui compterait 500.000 abonnés selon la presse, il assure que "le lancement en France est une réussite", tout en précisant que "le rythme de développement de Netflix est différent dans tous les pays. Cela dépend du temps que les gens prennent pour comprendre notre système". Il n'a par ailleurs pas confirmé le nombre d'abonnés en France et s'est refusé à toute prédiction pour la suite.

J.M.