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Gérard Rameix: "on peut regretter l'absence d'encadrement de la cession de SFR "

Gérard Rameix était l'invité d'Hedwige Chevrillon sur BFM Business ce mardi 8 avril.

Gérard Rameix était l'invité d'Hedwige Chevrillon sur BFM Business ce mardi 8 avril. - -

Le président de l’Autorité des Marchés financiers a décrypté, ce mardi 8 avril sur BFM Business, le rôle de l'institution dans une opération de l'ampleur de la vente de SFR.

Vivendi a choisi Numericable pour céder SFR, en dépit des signes de préférence du gouvernement pour l'offre de Bouygues. Au plus fort des négociations, l'Autorité des marchés financiers (AMF) s'était fendue d'un communiqué, le 28 mars, pour dénoncer l'opacité de la communication des parties prenantes.

"La situation était assez difficile", explique Gérard Rameix, le président de l'AMF, ce mardi 8 avril sur BFM Business. Il s'agit d'un "actif très important pour le vendeur, Vivendi, qui représente plus de la moitié de sa capitalisation", mais sa cession n'est pas soumise à des règles spécifiques puisque "SFR n'est pas coté", rappelle-t-il.

L'AMF ne pouvait donc que se borner à "rappeler les règles générales: la sincérité, la précision, la rigueur de l'information". Alors que "le cours de plusieurs sociétés cotées était affecté en permanence par les informations qui filtraient sur le processus, nous devions veiller à éviter une manipulation des cours par la diffusion d'informations inexactes".

Montebourg et sa responsabilité politique

L'intervention d'Arnaud Montebourg, qui a annoncé avant même les parties concernées l'entrée de Vivendi et de Numericable en négociations exclusives, est un phénomène "assez rare". Mais il "n'est pas condamnable légalement", précise le gendarme des marchés financiers. "Monsieur Montebourg a parlé en dehors des heures d'ouverture du marché. Il a donné une information claire, pas trompeuse. C'est sa responsabilité politique", estime Gérard Rameix.

Bouygues et les petits actionnaires de ces groupes se sont plaints à plusieurs reprises d'un manque de transparence autour de ces opérations. "Lorsqu'il y a une telle cession, est-ce qu'il ne faudrait pas un processus un peu plus organisé? Il n'y a pas eu de banques qui aient produit une expertise indépendante, d'experts indépendants, d'enchères encadrées. On peut le regretter", estime le président de l'AMF.

Quant à un éventuel conflit d'intérêt du président du conseil de surveillance de Vivendi, évoqué par la presse, le président du régulateur des marchés considère que "beaucoup de choses se sont dites, peut-être trop". En tout cas, "si Jean-René Fourtou était en conflit d'intérêt, ce serait une situation grave, mais je n'ai pas le plus petit commencement d'indice que ce soit le cas".

N.G.