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Vente de SFR: "un rapprochement avec Bouygues était intenable" affirme Fourtou

Jean-René Fourtou estime que le projet de Bouygues aurait eu des répercussions sur l'emploi

Jean-René Fourtou estime que le projet de Bouygues aurait eu des répercussions sur l'emploi - -

Le président du conseil de surveillance de Vivendi revient sur le choix de son groupe, qui a décidé de marier SFR à Numericable au détriment de Bouygues. Dans une interview aux Echos de lundi 7 avril, il invoque les barrières concurrentielles et les impacts sur l'emploi.

Vivendi a fait son choix, samedi 5 avril, en décidant de marier sa filiale télécoms SFR au câblo-opérateur Numericable. Grand perdant de ce feuilleton à rebondissement, Bouygues, qui avait pourtant reçu de nombreux soutiens.

Dans une interview accordée aux Echos de ce lundi 7 avril, le président du conseil de surveillance de Vivendi, Jean-René Fourtou, revient sur cette décision en la justifiant.

"Un rapprochement avec Bouygues aurait créé un groupe avec 47% de part de marché en valeur dans le mobile, ce qui était intenable au plan de la concurrence", indique-t-il.

"4.000 à 6.000 personnes en trop"

Avant de poursuivre: "le régulateur aurait demandé des remèdes très importants afin de rééquilibrer le marché. La proposition de Bouygues de vendre son réseau mobile et des fréquences à Free allait dans le bon sens, mais il aurait probablement fallu aussi céder des clients". "Par conséquent, dans le cas d’un mariage entre Bouygues et SFR, on se serait retrouvé avec une société en décroissance face à un concurrent surarmé, Free, conclut-il.

Autre argument invoqué par Jean-René Fourtou, qui n'a jamais caché son soutien à l'offre de Numericable": l'emploi. Il souligne ainsi que la proposition de Bouygues "comportait de très importantes synergies mais avec beaucoup de doublons au niveau des effectifs. Bouygues Telecom et SFR font des métiers très proches. Il y aurait eu 4.000 à 6.000 personnes en trop, sans compter les sous-traitants".

En parallèle, Jean-René Fourtou fait valoir que le projet de Numericable "a très peu de recouvrement et donc très peu de doublons en termes d'effectifs". "Il s’agit de développer la convergence entre le fixe et le mobile, en s’appuyant sur la croissance du très haut débit et la génération de nouveaux services. C’est la stratégie gagnante dans les télécoms", plaide-t-il.

J.M.