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Comment Facebook veut libérer les médias de leur dépendance à Google

Les médias partenaires pourront faire appel ou non à la régie publicitaire Facebook pour monétiser la publicité sur leurs articles publiés dans le fil d'actualités.

Les médias partenaires pourront faire appel ou non à la régie publicitaire Facebook pour monétiser la publicité sur leurs articles publiés dans le fil d'actualités. - Facebook

Neuf grands éditeurs vont publier des articles directement dans le fil d'actualités Facebook. Le réseau social leur reversera les revenus publicitaires générés par cette audience que Google ne leur aura pas apporté.

Facebook fait ami-ami avec neuf grands éditeurs internationaux dont le prestigieux New-York Times, le Britannique The Guardian et l'Allemand Bild Zeitung.

Cet alliance permet à ces médias (The New York Times, National Geographic, BuzzFeed, NBC, The Atlantic, The Guardian, BBC News, Der Spiegel et Bild), de publier des articles directement dans le fil d'actualités du réseau social. L'enjeu de cet accord porte sur la consultation depuis les mobiles.

Partager des articles sur l'application mobile Facebook est de plus en plus commun mais le plus puissant des réseaux sociaux veut en fluidifier la lecture en hébergeant des articles de manière native comme s'ils étaient "embarqués" à son bord.

Actuellement l'utilisateur doit patienter environ huit secondes pour charger les articles, ce qui est le temps de chargement le plus long de tous les contenus proposés par le réseau social.

Un temps d'accès aux articles divisé par dix ?

Cette nouvelle fonction, baptisée "Instant Articles", fluidifie pour l'internaute cet accès, le temps de chargement étant divisé par dix, selon Facebook.

Le partenariat signé avec les neufs médias permet à ces derniers de ne plus seulement dépendre du réseau social et de son audience comme puissant relais vers leurs propres sites Internet mais de l'utiliser comme canal de diffusion à part entière de leur contenus éditoriaux.

Pour convaincre les médias d'abandonner une partie de leur contrôle sur le moyen de diffusion de leurs articles, Facebook leur garantit qu'ils pourront garder les revenus tirés de la publicité intégrée aux articles publiés chez lui. Une concession importante sans laquelle il n'aurait pu obtenir l'accord des médias partenaires.

Les médias pourront utiliser la régie publicitaire de Facebook

Ceux-ci pourront aussi faire appel au savoir faire de Facebook et à ses outils de mesure d'audience (via sa régie Audience Network) pour mieux monétiser leur publicité. Dans ce cas, il leur faudra partager les revenus publicitaires.

L'autre concession faite aux médias par le réseau social consiste à les laisser libre de suivre le trafic et les données relatives à la lecture de leurs articles avec des outils tiers comme comScore.

En réussissant à convaincre neuf grands médias d'entrer pleinement dans son écosystème, Facebook les éloigne aussi de l'univers de Google, dont ils sont encore très dépendants pour assurer leur visibilité sur le web. 

Les relations, souvent conflictuelles, qu'entretient le moteur de recherche avec la presse, ont fourni un contexte favorable à cette nouvelle alliance. 

Le poids croissant qu'a pris Facebook dans la publicité pour mobile explique, enfin, l'intérêt bien compris des médias dans ce rapprochement inédit.

Frédéric Bergé