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Malgré la guerre commerciale, l'optimisme des patrons français est au plus haut depuis un an

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La confiance des dirigeants de PME et d'ETI continue sur sa bonne lancée. Rassurés par l'économie française, ils envisagent une croissance de leur chiffre d'affaires et des embauches de salariés.

Une météo sans nuages pour les entreprises françaises, malgré la guerre commerciale? C'est en tout cas ce qui ressort de la dernière édition de l'Observatoire de la performance des PME-ETI réalisé par Opinion Way et la Banque Palatine pour Challenges et publié ce jeudi, qui assure que "la rentrée est marquée par un rebond d’optimisme des dirigeants" de ces entreprises. L'indicateur de confiance dans l’économie française, "qui n’arrête pas de progresser depuis février", a encore grimpé de 3 points depuis le mois de juin pour atteindre 78%, retrouvant ainsi son niveau de septembre 2018.

Plus concrètement, 86% des patrons de PME et d'ETI se déclarent confiants en leur propre entreprise. Plus d'un tiers d'entre eux anticipent une croissance de leur chiffre d'affaires (35%) dans les six prochains mois, soit 4 points de plus qu'en juin. Et si la moitié des dirigeants interrogés tablent encore sur une stabilité de leurs revenus (54%), c'est en net recul (-6 points). Par ailleurs, une très large majorité (97%) opte pour le maintien ou l’augmentation de la masse salariale.

"Les trajectoires d’évolution des indicateurs de confiance dans l’économie française (en hausse de 3 points) et l’économie mondiale (en chute de 7 points), semblables jusqu’en avril dernier, se séparent définitivement, dans un contexte de guerre commerciale, d’aléa du Brexit et de ralentissement en Allemagne", observent néanmoins les auteurs de l'étude. Les chefs d'entreprises interrogés ne sont en effet que 58% à afficher leur confiance dans l'économie mondiale.

"Prémices d'un cercle vertueux"

"L’été nous a réservé de bonnes surprises: la France continue à créer des emplois, dont 93% dans les entreprises, et reste attractive pour sa croissance assez solide. La confiance des dirigeants d’ETI et PME dans l’économie française (…) dessine les prémices d’un cercle vertueux (…). Le cap des doutes lié à la crise hivernale est maintenant passé", avance Pierre-Yves Dréan, directeur général de la Banque Palatine, cité dans l'étude.

En outre, un "pacte Dutreil", dispositif qui permet une exonération de droits de donation ou de succession à hauteur de 75% de la valeur de l'entreprise en cas de transmission par voie de donation ou de succession, n'est signé que dans 4% des sociétés, malgré son récent assouplissement dans la loi de finances 2019. Ces mesures "devraient produire un effet bénéfique car jamais les entreprises françaises n’avaient connu une série de mesures aussi concrètes", assure pourtant Pierre-Yves Dréan.

"Cependant, à peine plus d'un tiers des dirigeants d’ETI et PME s’avèrent suffisamment informés pour en bénéficier. Cette sous-information peut parfois amener les dirigeants-propriétaires à préférer la transmission à un collaborateur plutôt qu’à un membre de leur famille. Cela ne semble pas étonnant dans un pays où les transmissions intrafamiliales ne comptent que pour 17% de l’ensemble des opérations de transmission-cession", souligne-il.

J. B.