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Pourquoi l'industrie française gagne du terrain

Selon le dernier indice PMI d'IHS Markit publié en début de semaine, la croissance du secteur manufacturier tricolore est repartie à la hausse en août. Anne-Charlotte Fredenucci, présidente du groupe industriel Ametra, invitée dans Inside Week-End, revient sur les raisons d'un tel renouveau.

Contrairement à ses voisins européens, la France peut se targuer de voir son secteur manufacturier reprendre des couleurs. Et ce, malgré les effets des différents conflits commerciaux. L'indice PMI d'IHS Markit publié lundi 2 septembre en atteste. La France, pour le mois d'août, fait non seulement figure d'exception mais dépasse même les prévisions. L’indice synthétique PMI (version définitive) ressortant à 51,1 points le mois dernier contre 49,7 en juillet, mais surtout au-dessus de sa première estimation "flash" de 51,0 publiée le 22 août dernier. Pour rappel: au-dessus de 50 points, le secteur est en expansion, en dessous, il s'avère en contraction.

Reprise de croissance et de production

Une embellie liée, comme le souligne IHS Markit, à la "reprise de la croissance de la production et des nouvelles commandes", mais également à l’emploi et l’activité achats qui "sont également repartis à la hausse tandis que les contraintes de capacité ont persisté dans le secteur, entraînant une troisième augmentation mensuelle consécutive du travail en cours". 

Le fait est que cette conjoncture heureuse s'avère pour le moins inattendue. Elle advient à l'heure où l'on avait coutume de penser que les industriels peinaient à muer vers un modèle intégrant davantage de numérique plus connu sous le nom d'"industrie du futur". Quoiqu'il en soit, le chiffre publié lundi dernier fait donc figure de nouveau départ. Aussi, la question de savoir si 2019 n'apparaît pas telle l'année de l'industrie se pose.

Pour Anne-Charlotte Fredenucci, présidente du groupe industriel Ametra, spécialisé dans l'ingénierie et l'intégration de systèmes électronique et mécanique pour la défense et l'aéronautique, il s'agit "au moins" des "18 mois de l'industrie puisque déjà l'année dernière – vous vous en souvenez – l'Insee avait annoncé 10.000 créations de postes nettes dans l'industrie française". Et de poursuivre: "Donc, je pense que c'est encore une illustration du fait que l'industrie française gagne".

Industrie 4.0

Tandis que l'industrie allemande subit de plein fouet les conséquences de la guerre commerciale, la France s'inscrit cette fois dans une tendance inverse. Et pour la patronne d'Ametra, cela n'a rien d'illogique. C'est même tout l'inverse. "Je peux vous dire pourquoi l'industrie française gagne. Je pense que l'industrie française s'est mise résolument en route vers le 4.0, vers la révolution numérique, vers l'industrie du futur. On le voit dans les grands groupes comme Airbus qui ont des usines hyper modernes. Mais on le voit aussi", précise-t-elle, dans des PME".

J.C-H