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Pour réduire la pollution, la SNCF veut équiper ses trains d'aspirateurs à particules

La SNCF va mener des tests sur la ligne C du RER.

La SNCF va mener des tests sur la ligne C du RER. - Miguel Medina - AFP

La SNCF teste un système capable d'aspirer les particules émises lors du freinage des trains pour réduire la pollution. Les premières rames équipées de cet aspirateur développé par la société Tallano, devraient circuler sur la ligne C du RER avant la fin 2019.

La pollution liée aux particules fines n'est pas seulement le fait des pots d'échappement. Les freins ont aussi leur part de responsabilité en raison de l'abrasion des plaquettes. Une pollution qui concerne donc aussi bien les véhicules sur route que les trains. La SNCF s'est emparée du sujet et de concert avec la région Ile de France, travaille à la mise en place d'un système anti-pollution.

C'est la technologie Tamic, développée par Tallano, qui a été retenue. Cette entreprise française a mis au point un système qui aspire les particules. "Pour avoir un taux de captation efficace, on doit être au plus près du lieu d'émission, là où se créent les turbulences, c’est-à-dire au bord de la plaquette", explique Christophe Rocca-Serra, CEO de Tallano. Le système est déjà déployé sur des voitures, il s'agit donc de l'adapter aux trains. Mais hors de question de renouveler le matériel roulant, il faut pouvoir l'installer sur les rames existantes qui circulent sur la ligne C du RER et leurs différents systèmes de freinage.

Bientôt des tests sur la ligne C du RER

Une première campagne de tests est menée depuis le début de l'année dans l'agence ferroviaire située à Vitry. L'objectif est de mesurer si le dispositif aspire au moins 70% des particules émises, le seuil minimal fixé avant son déploiement. Mais ce n'est pas la seule contrainte. "La priorité c'est la sécurité, et donc la performance des freins. On fait donc des mesures avec et sans le système d'aspiration afin d'évaluer le différentiel", précise Philippe Clément, responsable du projet au sein de la SNCF.

A partir du mois d'octobre, des tests en situation seront effectués. "Il s'agira de faire circuler des trains sur la ligne C du RER mais en dehors du service commercial, c’est-à-dire la nuit', indique Philippe Clément.

Des arbitrages à faire

Le déploiement des voitures dotées de ces aspirateurs à particules se fera progressivement à partir du quatrième trimestre 2019. "Toujours pour des raisons de sécurité, on commencera par équiper une partie des freins à disque sur un train. Ce qui permet en cas de défaillance du système, de s'appuyer sur les freins des autres voitures", précise Philippe Clément. Cette étape devrait durer au moins deux ans, le temps de rencontrer toutes les situations climatiques qui peuvent causer des soucis (neige, gel, feuilles mortes…) avant d'envisager le déploiement à grande échelle, qui passera obligatoirement par un appel d'offres.

En plus des questions de sécurité, ces phases de tests sont aussi destinées à évaluer si le système d'aspiration sera actionné en continu, ou seulement dans les situations les plus exposées à la pollution, c’est-à-dire les endroits où l'air est confiné, comme les gares souterraines et les tunnels. "Le système nécessite de remplacer régulièrement les filtres, ce qui apporte un surcoût. Il faudra donc procéder à des arbitrages", conclut Philippe Clément.

Coralie Cathelinais