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Depuis janvier, il y a plus d'usines qui ferment que d'usines qui ouvrent en France

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Selon Les Echos, qui citent des données du cabinet Trendeo, le nombre d'usines en France recommence à reculer depuis le début de l'année.

Des temps plus difficiles pour l’industrie française? Selon Les Echos, qui s'appuient sur des données du cabinet Trendeo, le solde entre les ouvertures et les fermetures de sites industriels est repassé dans le rouge (-18) sur les sept premiers mois de l’année, avec 76 fermetures et 58 ouvertures. Le nombre d’ouvertures d’usines était repassé devant celui des fermetures en 2016, une première depuis la crise financière.

Un mouvement qui s'était confirmé les années suivantes. L’industrie tricolore avait créé 25 usines de plus qu’elle n’en avait fermées en 2017, mais ce n’était déjà plus que 17 l’année suivante. Les dernières données de Trendeo, peu flamboyantes sur les deux tiers de l’année en cours, semblent donc annoncer une rechute pour 2019.

Dans le détail, entre janvier et juillet, toujours selon les données de Trendeo citées par Les Echos, ce sont surtout les fermetures d'usines qui repartent à la hausse. Or, ces dernières années, c'est la réduction du nombre de fermetures qui avait permis au solde de repasser dans le vert. Un chiffre en baisse régulière depuis 2009, alors que les ouvertures de sites industriels se sont montrées globalement stables en France. "Il n’y a jamais eu de reprise des créations de sites" depuis la crise économique, notait d'ailleurs le cabinet dans un post de blog en mai dernier.

Des extensions plutôt que des créations

En même temps, l'emploi industriel, lui, résiste mieux que les usines - sur les sept premiers mois, le solde entre créations et suppressions est positif avec 7.400 emplois - alors que stagne le nombre d'ouvertures de sites industriels. Comment expliquer ce paradoxe? Les groupes industriels semblent de plus en plus privilégier des extensions d'usines existantes à la création ex nihilo de nouveaux sites industriels.

Et selon Trendeo, "les emplois créés lors d’extensions de sites étaient à peu près équivalents aux emplois créés sur des nouveaux sites" en 2009. Les nouveaux sites industriels ne représentent plus que 17% des emplois créés depuis le début de l'année.

"Les montants moyens investis par projet sont presque constamment inférieurs pour les extensions de sites. Dans le même temps, l’investissement moyen par emploi créé s’est accru, que ce soit pour les projets de création comme pour les extensions. Les entreprises industrielles ont donc cherché à investir à moindre coût en étendant les capacités de sites existants plutôt qu’en créant de nouveaux sites", observait déjà Trendeo au mois de mai.

J. B.