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Netflix s'allie à TF1 pour une série à gros budget

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La Une et le géant américain de la vidéo ont conclu un accord « inédit » de financement pour la série « Le Bazar de la charité », une superproduction française qui sera diffusée à la fin de l'année.

TF1 et Netflix resserrent leurs liens. La chaîne de Gilles Pélisson s'était déjà démarquée en vendant plusieurs de ses séries à la plateforme américaine (La Mante, Une Chance de trop) et en diffusant Marseille, la première série française de Netflix. Cette fois, une nouvelle étape est franchi puisque Netflix va participer au financement de la superproduction « Le Bazar de la charité ».

Il s'agit d'une saga historique (8x52 minutes) qui a pour toile de fond un incendie survenu à la fin du XIXème siècle dans ce bâtiment abritant une manifestation caritative très courue, faisant plus de 130 morts, essentiellement des femmes de la haute société et leur personnel.

Dotée d'un budget de 17 millions d'euros, selon le Figaro, la série est portée par Audrey Fleurot, Camille Lou et Julie De Bona, avec également la participation de Josiane Balasko, Stéphane Guillon ou Antoine Duléry. La production a nécessité cinq mois de tournage, 3000 figurants, 1500 costumes et une centaine de calèches et de fiacres. 

« Pour la première fois Netflix intervient en préfinancement d'une série originale initiée par TF1 et la société de production Quad Télévision », a salué Ara Aprikian, directeur général des contenus de TF1. « Ce partenariat pose le cadre d'un meilleur partage des risques, des droits et de la valeur entre tous les partenaires de cofinancement », poursuit-il dans un communiqué.

En contradiction avec Salto 

Pour le patron des contenus de Netflix, Ted Sarandos, de passage au festival Séries Mania de Lille pour donner une conférence, « cet accord atypique en amont démontre que nous pouvons trouver des systèmes ingénieux de financement pour faire briller l'excellence française tout en ravissant nos membres dans 190 pays ». Netflix proposera la série en exclusivité partout dans le monde, une semaine après la diffusion des épisodes sur TF1. 

La Une fait le choix d'une approche pragmatique face à Netflix. La chaîne a besoin de financement pour faire monter en gamme ses productions, même si cela doit renforcer l'attractivité de l'offre de Netflix en France.

Ce genre de collaboration a, en revanche, déjà été dénoncée par la PDG de France Télévisions, qui y voit « une danse avec le diable ». Delphine Ernotte milite pour ne plus voir sur Netflix les séries financées par la télévision publique et ainsi favoriser Salto, la future plateforme de SVOD « à la française », à laquelle sont associés M6 et... TF1.