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La cure d'amaigrissement de la banque HSBC va se poursuivre

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- - Miguel Medina - AFP

Les résultats en fort recul du troisième trimestre confortent la direction dans sa volonté de "remodeler" le groupe bancaire. Traduction, accélérer les cessions et les réductions d'effectifs.

Performances "pas acceptables". C'est en ces mots très durs que le patron de la banque HSBC, Noel Quinn, a qualifié les résultats du troisième trimestre de la firme britannique. Et en effet, avec un bénéfice net en chute de 24% sur un an, à près de 3 milliards de dollars, difficile d'afficher la moindre satisfaction.

"Certains secteurs de notre activité, en particulier en Asie, ont tenu le coup dans un environnement difficile", souligne aussi le PDG dans un communiqué. "Cependant, dans certaines régions, la performance n'a pas été acceptable, en particulier l'activité de l'Europe continentale, certaines activités au Royaume-Uni et aux Etats-Unis", a-t-il ajouté.

HSBC attribue l'essentiel de la chute des profits aux faibles taux d'intérêt, "une faible activité sur les marchés, et difficultés dans la gestion de fortune et l'assurance".

"L'environnement est plus difficile pour le chiffre d'affaires qu'au premier trimestre 2019, et ses perspectives de croissance sont plus faibles que ce que nous avions anticipé à la fin du premier semestre", indique aussi le groupe, prévenant qu'il n'atteindrait pas son objectif de rendement des capitaux propres en 2020.

Mesures drastiques

De quoi conforter la direction dans sa volonté de "remodeler" le groupe bancaire et même d'aller plus vite. Noel Quinn a laissé entendre que des mesures drastiques étaient dans les tuyaux car "les plans en cours ne sont plus suffisants" pour redresser la situation.

Il a ainsi mis en garde contre des turbulences à venir, laissant présager des coupes sombres dans les effectifs après une première vague de suppression de 2% de ses effectifs, soit 4.700 postes.

Sans donner de détails sur les restructurations qui pourraient être lancées, il indique que les investisseurs seront informés avant février 2020, au moment des résultats annuels. Le Financial Times avait écrit début octobre, citant des sources proches du dossier, que le groupe pourrait supprimer jusqu'à 10.000 nouveaux emplois. Le groupe bancaire britannique emploie 238.000 personnes dans le monde.

Le sort de la France en suspens

En France aussi, une réflexion a été engagée sur l'avenir de la banque de détail. Dans un message confidentiel adressé par mail aux salariés le 17 septembre, un mail auquel BFM Business a pu avoir accès, le directeur général d'HSBC France Jean Beunardeau a en effet confirmé que la banque britannique allait se pencher sur l'avenir de ses activités de banque de détail en France.

HSBC y dispose de 270 agences et 3000 salariés, sur les 8000 personnes employées au total dans le pays, travaillent dans la banque de détail. Son réseau, hérité du rachat de l'ex-Crédit Commercial de France en 2000, ne serait néanmoins pas rentable avec une perte de 17 millions d'euros en 2018 contre un bénéfice de 77 millions l'année précédente. Ses activités de banque de détail seraient valorisées entre 1 et 1,5 milliard d'euros, selon les analystes de KBW cités par Reuters.

OC avec AFP