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HSBC pourrait supprimer 10.000 postes dans le monde

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- - Tolga Akmen - AFP

Le groupe bancaire, mené par son nouveau directeur général par intérim, Noel Quinn, s'est engagé dans un examen de toutes ses activités dans le monde. En France, une réflexion a été lancée sur l'avenir de sa banque de détail.

HSBC veut opérer un virage majeur de sa stratégie. Le groupe bancaire britannique, qui emploie 238.000 personnes dans le monde, veut engager un large plan de réduction de coûts qui menacerait 10.000 postes, selon le Financial Times. Ces suppressions de postes viendraient alors s'ajouter aux 4.700 licenciements récemment annoncés par HSBC qui pâtit à la fois des taux bas, des conflits commerciaux mais aussi des incertitudes autour du Brexit et des violences à Hong Kong.

Toujours selon le Financial Times, cette réduction de coûts menacera principalement les postes les mieux rémunérés. Pour la banque, c'est une façon de réaliser des coupes drastiques, notamment en Europe où l'activité est bien moins performante qu'en Asie.

Départ surprise du PDG

"Nous savons depuis des années que nous devons faire quelque chose au sujet de nos coûts de fonctionnement, dont la composante la plus importante concerne les employés", a déclaré une source anonyme citée par le quotidien économique. "Il y a une modélisation très difficile en cours. On se demande pourquoi nous avons autant de gens en Europe alors que nous avons des rendements à deux chiffres dans certaines parties de l'Asie."

C'est aussi une façon pour le nouveau patron, Noel Quinn, de marquer de son empreinte le groupe. Début août la banque basée à Londres a annoncé le départ soudain de son PDG John Flint après seulement 18 mois en poste, sans donner de raison précise à cette décision. Dans le même temps, elle avait révélé qu'elle supprimerait environ 4.000 emplois, pour la plupart des postes de direction, dans le cadre d'une nouvelle restructuration visant à faire face à la tourmente mondiale.

Menace sur les postes en France

En France aussi, une réflexion a été engagée sur l'avenir de la banque de détail. Dans un message confidentiel adressé par mail aux salariés le 17 septembre, un mail auquel BFM Business a pu avoir accès, le directeur général d'HSBC France Jean Beunardeau a en effet confirmé que la banque britannique allait se pencher sur l'avenir de ses activités de banque de détail en France.

En France, HSBC dispose de 270 agences et 3.000 salariés, sur les 8.000 personnes employées au total dans le pays, travaillent dans la banque de détail. Son réseau, hérité du rachat de l'ex-Crédit Commercial de France en 2000, ne serait néanmoins pas rentable avec une perte de 17 millions d'euros en 2018 contre un bénéfice de 77 millions l'année précédente. Ses activités de banque de détail seraient valorisées entre 1 et 1,5 milliard d'euros, selon les analystes de KBW cités par Reuters.

Thomas Leroy, avec l'AFP