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Retraites: l'usine à gaz du futur compte pénibilité

La mise en oeuvre du compte pénibilité s'annonce complexe et contraignante

La mise en oeuvre du compte pénibilité s'annonce complexe et contraignante - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le gouvernement va remettre ce jeudi 27 mars aux partenaires sociaux un document portant sur la mise en œuvre de cette mesure phare de la réforme des retraites. Ce dispositif est particulièrement critiqué dans le secteur du bâtiment qui le juge trop contraignant.

Le compte pénibilité, l'une des mesures de la réforme des retraites, qui doit permettre aux salariés ayant exercé des tâches pénibles de partir plus tôt à la retraite, revient dans l'actualité.

Ce jeudi 27 mars, un document doit être remis aux partenaires sociaux sur la mise en œuvre de ce dispositif. Or, c'est précisément sa mise en place qui pose problème aux chefs d'entreprise, notamment dans le bâtiment.

"On s'arrache les cheveux!", déclare ainsi la Fédération Française du Bâtiment (FFB). Le cauchemar du secteur: "la fiche individuelle d'exposition aux risques", un document qui consigne toutes les périodes d'exposition des salariés aux facteurs de pénibilité. L'exécutif en a retenu 10 parmi lesquels les postures, l'exposition à la poussière ou encore le bruit et les températures extrêmes.

Lourdeur administrative

L'employeur doit aussi noter le temps d'exposition à chaque risque. Or, dans le bâtiment, les métiers sont par essence pénibles physiquement. Lorsqu'un peintre lessive une pièce, il a les bras en l'air, c'est une posture pénible. Lorsque le jour d'après, il monte sur un échafaudage, il y a un risque de chute, ce qui représente autre facteur.

A chaque mission, il faudra donc une fiche par salarié. Les employeurs ne remettent pas en cause la pénibilité de ces tâches mais les notifier quotidiennement et individuellement est une autre paire de manche.

Même les syndicats vont dans leur sens: pour eux, la mesure est trop contraignante et ne servira à rien. Elle va pourtant rajouter 10 pages dans le Code du travail !

Isabelle Gollentz