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Montebourg évoque une loi pour limiter les indemnités des patrons

Arnaud Montebourg évoque une loi pour limiter les abus en matière d'indemnités des dirigeants

Arnaud Montebourg évoque une loi pour limiter les abus en matière d'indemnités des dirigeants - -

Même si Philippe Varin a décidé de renoncer à sa retraite chapeau, le ministre du Redressement productif, dans une interview au Parisien du 28 novembre, envisage de légiférer pour limiter les indemnités des dirigeants. Une position qui n'engage pas l'exécutif pour l'instant.

L'affaire Varin est-elle close avec la décision de l'intéressé, mercredi 27 novembre, de renoncer finalement à sa future retraite chapeau de 21 millions d'euros? Pas si sûr.

En tout cas, ce jeudi, dans une interview au Parisien/Aujourd'hui en France, le ministre du Redressement productif affirme "qu'il faudra légiférer" pour limiter les indemnités des dirigeants d'entreprise.

"Il est fâcheux qu'on soit obligé de passer par un scandale public pour obliger une entreprise et son premier dirigeant à revenir à des niveaux de rémunération ou de retraite décents", estime Arnaud Montebourg. Il ajoute: "l'autodiscipline reste à démontrer puisqu'il faut la régulation par le scandale pour que les choses évoluent".

Lorsqu'il n'est pas actionnaire, l'Etat ne dispose pas de moyens efficaces pour réguler les abus, selon lui. Donc, "pour les entreprises privées, si l'autodiscipline ne fonctionne pas, le législateur est parfaitement en droit de procéder à une réglementation", poursuit Arnaud Montebourg. "C'est tout à fait possible et cela existe déjà dans d'autres pays d'Europe, comme la Suisse" où les parachutes dorés ont été supprimés.

Ce matin, sur RTL, Harlem Désir, le patron du PS lui a emboité le pas. "Il faut, si le code que le patronat a lui-même édicté ne fonctionne pas, envisager de légiférer. On ne peut pas l'écarter", a-t-il déclaré.

De son côté, Christian Eckert, le rapporteur général du budget à l'Assemblée Nationale, va faire des "propositions" à la demande du groupe PS pour "aller plus loin". "Les retraites chapeau sont taxées à 68%, c'est dissuasif quand même. Et il y a la taxe à 75%, qui prend en compte ces retraites chapeau, que l'on est en train d'adopter au Parlement", a estimé Christian Eckert.

Montebourg isolé ?

Le problème, c'est que l'exécutif n'est pas vraiment sur cette ligne. "Le mieux, c'est quand même que les entreprises entrent de leur propre chef dans une logique de régulation", a estimé, mercredi, Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales. Et lors des questions à l'Assemblée, Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, s'en est remis au haut comité de gouvernance mis en place par le patronat.

D'ailleurs, en mai dernier, le gouvernement par la voix du même ministre de l'Economie avait décidé de ne pas légiférer mis à part l'instauration de la taxe à 75% sur les rémunérations de plus d'un million d'euros. Une fois de plus, Arnaud Montebourg fait donc entendre sa petite musique.

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P.C