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Retraite chapeau: le président de PSA est loin d'être une exception

Les polémiques autour de la retraite chapeau accordée aux dirigeants sont récurrentes.

Les polémiques autour de la retraite chapeau accordée aux dirigeants sont récurrentes. - -

PSA a provisionné 21 millions d'euros pour assurer la retraite chapeau de son président Philippe Varin. Un montant qui passe mal, au vu de l'état financier du groupe, en pleine restructuration. Pourtant, le fait est loin d'être isolé.

Alors que le groupe PSA est engagé dans de drastiques procédures de réduction de coûts, le montant de la retraite chapeau que percevra son président provoque de toute part des remous depuis ce mercredi matin, aussi bien du côté des syndicats comme au sein du gouvernement.

Le constructeur a provisionné près de 21 millions d'euros à cet effet. Philippe Varin, âgé de 62 ans, devrait à la fin de sa carrière toucher une rente annuelle de 300.000 euros nets, en complément de ses retraites de base et complémentaire.

PSA assure que son régime de retraite d'entreprise a été approuvé par l'Assemblée générale des actionnaires, et est conforme aux recommandations du nouveau code de gouvernement d'entreprises Afep-Medef.

Les retraites chapeau sont effectivement monnaie courante dans les grandes entreprises. Mais pour les dirigeants, les sommes atteignent bien souvent des montants qui n'ont rien à voir avec la santé financière de l'entreprise ni les performances obtenues. Retour sur les cas les plus polémiques de ces 3 dernières années.

De Dexia à France Telecom

> Ainsi, Pierre Richard, ancien PDG de la banque Dexia, dont la faillite a coûté 6,6 milliards d'euros à l'Etat, avait obtenu une retraite chapeau de 563.000 euros par an. Elle a finalement été ramenée à 300.000 euros. Cette somme s'ajoute à la retraite perçue au titre d'ancien haut fonctionnaire et de sa rémunération au titre de la présidence du conseil d'administration qui s'élève à environ 500.000 euros.

> Le cas de Ben Verwaayen, qui a dirigé le groupe Alcatel-Lucent pendant 4 ans, avant de démissionner en 2012, a lui aussi crée la polémique. Le constructeur a provisionné 7,6 millions d'euros pour la retraite de son ex PDG, avec une rentre annuelle de près de 500.00 euros. Pour mémoire, l'équipementier français s'apprête à supprimer 15.000 emplois, dont 9.000 en France. 

> Autre dirigeant à avoir été au cœur d'une polémique, le suédois Lars Oloffson, qui, nommé à la tête de Carrefour en décembre 2009, s'est vu débaqué par ses actionnaires en 2012 au vu des résultats catastrophiques du groupe. Ce qui ne l'a pas empêché de partir avec des indemnités de 1,5 million d'euros, et de percevoir une retraite chapeau entre 300.000 à 5000.000 euros par an .

> L'année précédente, en 2011, c'est le PDG de Vinci, Yves-Thibault de Silguy qui a défrayé la chronique. Le groupe de BTP a provisionné 6,9 millions d'euros pour lui assurer une retraite de 380.000 euros annuels.

> C'est un peu plus que ce qu'a obtenu en 2010 Didier Lombard pour ses fonctions à la tête de France Telecom. Il est reparti avec une retraite de 300.000 euros, alors que son passage au sein de l'opérateur reste marqué par la vague de suicides.

> Enfin, face à la polémique, certains dirigeants font machine arrière. Ce fut le cas d'Henri Proglio, qui, lors de son départ de Véolia en 2010, devait percevoir 742.000 euros annuels, grâce aux 13 millions d'euros provisionnés par l'entreprise. Au final, il a décidé de reverser la somme à la Fondation de France.

C.C.