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Laurent Berger (CFDT): "il y a beaucoup de poujadisme" sur la fiscalité

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a fustigé le regain de "populisme" sur la fiscalité.

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a fustigé le regain de "populisme" sur la fiscalité. - -

Le secrétaire général de la CFDT était l'invité de BFMTV et RMC, vendredi 15 novembre. Il a fustigé le "populisme"règnant autour de l'impôt, et appelé le gouvernement à entamer une grande réforme fiscale.

La CFDT ne se joindra pas à la fronde fiscale ambiante. C'est ce qu'a clairement déclaré Laurent Berger, le secrétaire général de l'organisation, vendredi 15 novembre au micro de BFMTV-RMC. Il s'est même montré relativement sévère vis-à-vis des différents mouvements de contestation.

"Le rôle des syndicats c’est de relayer les problèmes de ce pays et d’apporter les solutions, pas de se mêler au populisme ambiant en disant que tout va mal", a-t-il lancé.

"Aujourd’hui, il y a beaucoup de populisme, beaucoup de corporatisme, de poujadisme, parce qu’il y a une défiance à l’impôt", a-t-il poursuivi. "Mais je rappelle que l’impôt, c’est le vivre ensemble. Ce sont des services publics de qualité, ce sont des enfants qui peuvent aller à l’école, un système de santé encore performant, etc." 

"Cela ne veut pas dire que les salariés n’ont pas de difficultés", a-t-il précisé, citant notamment l'exemple d'Alcatel ou de La Redoute.

"On est dans un pays de dingues!"

Laurent Berger a ainsi réclamé une "réforme fiscale", une promesse de François Hollande lors de sa campagne. "On rajoute une couche à chaque fois, mais en dessous, ça cloque, parce qu'on explique pas les choses aux gens.

Il faut tout remettre à plat: qui paye quoi, pour quel service public, etc. Il n'est pas trop tard, car les Français n'y comprennent rien!" Le ras-le-bol fiscal, que le ministre (Pierre Moscovici, ndlr) a eu tort de lancer, on doit y mettre fin".

Interrogé sur un éventuel report de l'écotaxe ou de la hausse de la TVA, Laurent Berger a répondu: "elle a été décidée. On est dans un pays de dingues! Quand quelque chose est décidé, il faut que ce soit mis en place."

Les Français sont-ils, comme Bruno Le Roux (PS) l'avait suggéré la veille, des "malades qui n'acceptent pas le traitement"? Le leader syndical s'est plutôt essayé à une comparaison footballistique: "les Français c’est comme le match de foot de ce soir (Ukraine-France). A force de se dire qu’on va perdre, et bien on va finir par perdre. Mais on peut gagner, et pour cela, il faut regarder la réalité en face."

Y. D.