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Vers une remise à plat des pensions de réversion?

Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire à la réforme des retraites

Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire à la réforme des retraites - Eric FEFERBERG / AFP

Dans le cadre de la réforme des retraites, le gouvernement envisagerait une harmonisation des pensions de réversion. Une hypothèse qui inquiète certaines organisations syndicales.

"Doit-on maintenir des pensions de réversion?". C’est la question posée par le Haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, dans une note transmise récemment aux partenaires sociaux. De quoi nourrir un peu plus leurs inquiétudes sur la réforme des retraites qui fait l’objet d’une "grande consultation citoyenne" depuis la fin du mois de mai.

Dimanche, la ministre des Solidarités et de la Santé a indiqué sur RTL que la suppression des pensions de réversion "n’est pas la question" mais que leur remise en cause n’était pas exclue: "Il y a 42 régimes de retraite différents, certains ont des pensions de réversion très importants, d'autres pas, donc tout est sur la table, tout fait l'objet de concertations", a-t-elle poursuivi, estimant toutefois que la réversion "n'est pas un sujet en soi, le sujet c'est celui des droits non contributifs" (prestations dont le versement ne dépend pas d'une cotisation préalablement payée par l'assuré, ndlr).

Réduire les inégalités

Représentant une dépense totale annuelle de 35 milliards d’euros en France, la pension de réversion permet de compenser la perte de pouvoir d'achat du conjoint survivant et/ou des enfants à charge qui récupèrent une partie de la pension de l'assuré décédé. Certains régimes de base n'en versent aucune et la plupart imposent des conditions d’âge et de ressources aux bénéficiaires.

4,4 millions de personnes touchent des pensions de réversion, parmi lesquelles 89% de femmes. Par ailleurs, pour plus d’un million d’entre elles, il s’agit de leur seul revenu, rapporte Le Monde. La réversion permet dès lors de réduire l’écart entre les pensions perçues par les hommes et celles des femmes. En effet, cet écart passe de 50%, lorsque l'on se réfère uniquement aux pensions de droit direct, à 25% après versement de la pension de réversion.

"On peut vraiment se poser la question de l'harmonisation"

Afin de rendre le système plus juste, le gouvernement pourrait opter pour une harmonisation des pensions de réversion alors que les 42 régimes de retraite sont amenés à disparaître.

"On n'exclut pas de savoir comment on rapproche la retraite des femmes de la retraite des hommes, c'est une vraie question [...] Comment on fait en sorte qu'il y ait de la justice sociale, quelle est la part de solidarité dans notre régime de retraites? [...] Nous avons posé toutes les questions et petit à petit, nous fermons les débats quand il y a consensus", a détaillé Agnès Buzyn. Les pensions de réversion, "dans certains régimes, n'existent pas", donc "on peut vraiment se poser la question de l'harmonisation", a-t-elle conclu.

Mais certaines organisations syndicales, à l’image de FO, craignent une "harmonisation par le bas". De son côté, la CFE-CGC s’inquiète d’une généralisation de la "mise sous condition de ressources" qui équivaudrait à "une suppression de la réversion pour la population qu'(elle) représente".

P.L