BFM Business

Les ambulanciers poursuivent leur mouvement de protestation

Ce lundi, des centaines d'ambulances se sont rassemblées devant l'Assemblée nationale. Les professionnels entendent manifester leur opposition à la réforme du financement des transports sanitaires.

Les ambulanciers maintiennent la pression. Après des opérations escargots dans toute la France et le blocage du périphérique parisien en novembre, plusieurs centaines de professionnels en colère se sont donnés rendez-vous ce lundi matin sur le pont de la Concorde à Paris, en face de l'Assemblée nationale. Leur motif : dénoncer la réforme du financement des transports sanitaires, qui met à mal leur activité.

Sonia, qui dirige une société d'ambulances près d'Auxerre, explique à BFMTV ses motivations:

"Nous sommes arrivés ici entre 6 heures et 7 heures du matin, et encore nous ne sommes pas tous arrivés. Nous sommes tous contre l'article 80 de la loi de finance de la sécurité sociale qui va nous anéantir".

Entré en vigueur le 1er octobre, cet article permet aux hôpitaux et aux cliniques de lancer des appels d'offres pour choisir les prestataires qui vont transporter les malades. C'est aussi eux qui en assument le coût, le patient n'a plus à se faire rembourser auprès de l'Assurance maladie.

Pour les ambulanciers, qui auparavant traitaient directement avec les patients, ce nouveau système a un effet dévastateur sur leur activité: celui d'exclure les petites structures, qui n'ont pas les moyens de concurrencer les grandes compagnies de taxis et d'ambulances. Seules ces dernières ont les moyens de rogner leur marge et ont la flotte de véhicules suffisante pour répondre aux volumes de trajets demandés par les grands centres hospitaliers. 

"Maintenant la plupart des hôpitaux ont distribué à des grands groupes comme Veolia ou Kéolis les marchés publics. Les marchés publics même pour les plus grands ambulanciers leurs ont été retirés. C'est à dire qu'il y a des grandes entreprises de transports sanitaires qui ont 200 ou 300 salariés qui sont presque à genoux. Et au jour d'aujourd'hui ce n'est pas possible. Les petites comme nous à 10 salariés on est à terre", dénonce Sonia.

Les manifestants comptent bloquer la circulation jusqu'à ce qu'ils soient reçus par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

C.C.