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Le second round de concertation sur les retraites va s'ouvrir

Après une semaine de débat sur la réforme des retraites marquée par une vive opposition entre le gouvernement et les syndicats du privé, un second 'round' de concertation s'ouvre jeudi avec les syndicats de fonctionnaires. /Photo d'archives/REUTERS/Miro K

Après une semaine de débat sur la réforme des retraites marquée par une vive opposition entre le gouvernement et les syndicats du privé, un second 'round' de concertation s'ouvre jeudi avec les syndicats de fonctionnaires. /Photo d'archives/REUTERS/Miro K - -

par Jean-Baptiste Vey PARIS - Après une semaine de débat sur la réforme des retraites marquée par une vive opposition entre le gouvernement et les...

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Après une semaine de débat sur la réforme des retraites marquée par une vive opposition entre le gouvernement et les syndicats du privé, un second 'round' de concertation s'ouvre jeudi avec les syndicats de fonctionnaires.

Le ministre du Travail, Eric Woerth, a déjà annoncé que les fonctionnaires devraient faire "des efforts" au nom de l'équité et d'une harmonisation entre systèmes public et privé.

Au coeur du débat sur cette réforme qu'Eric Woerth veut présenter en septembre à l'Assemblée nationale, la nécessité, affirmée par le gouvernement, de travailler plus longtemps pour financer les besoins croissants des régimes de retraite.

Les syndicats, comme l'opposition de gauche, contestent cette orientation et ont promis de s'opposer à toute réforme qui pèserait uniquement sur les salariés et les fonctionnaires.

Cinq d'entre eux ont déjà appelé à "un grand 1er mai unitaire" pour l'emploi, le pouvoir d'achat et les retraites.

Opposés au relèvement de l'âge légal, actuellement 60 ans, et hostiles, ou très réservés, à un nouvel allongement de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une pension complète (41 ans en 2012), ils demandent au gouvernement de trouver de nouveaux financements en agissant sur la fiscalité.

Eric Woerth a écarté une hausse des impôts ou une augmentation générale des cotisations retraite, option également rejetée par le patronat, tout en confirmant que des hausses ciblées de cotisation ou des prélèvements étaient envisagées.

"DES EFFORTS, BIEN SÛR"

"Rien n'empêche dans la réforme que nous allons mener d'avoir une augmentation ciblée sur telle ou telle catégorie, sur tel ou tel type de revenu", a-t-il déclaré dimanche lors de l'émission Le Grand Rendez-vous Europe 1-Le Parisien.

"Nous aurons probablement des actions ciblées d'augmentation à un moment donné (des prélèvements NDLR) de tel ou tel revenu, tel ou tel revenu du capital ou tel ou tel salarié, etc., (et une) suppression de niches fiscales", a-t-il ajouté.

Interrogé sur les règles de retraite des fonctionnaires, Eric Woerth a assuré que "l'idée, ce n'est pas de faire éclater tout ça, il n'y a pas de réforme brutale".

"On va demander de faire des efforts, bien sûr" aux fonctionnaires, a-t-il néanmoins ajouté.

Entre public et privé, "c'est pas les mêmes règles et ce sera in fine toujours pas les mêmes règles", a-t-il poursuivi, tout en souhaitant qu'"on accélère la convergence entre les régimes du public et les régimes du privé".

Eric Woerth et son secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, ont mis en avant à plusieurs reprises l'exigence de "justice" et d'"équité" entre les Français.

Mais ils se sont pour l'instant gardés de remettre en cause une grande différence entre privé et public, le calcul des pensions sur les 25 meilleures années de salaire dans le privé et sur les six derniers mois dans le public, cette dernière formule étant jugée plus favorable.

"J'ai un profond respect des agents. Il est hors de question de les diaboliser ou d'en faire des boucs émissaires", a déclaré Georges Tron dans un entretien publié jeudi dans Les Echos.

Soulignant que les primes n'entraient pas dans le calcul des pensions des fonctionnaires, il a jugé qu'"il faut comparer les temps de référence, mais aussi les assiettes. Ne l'oublions pas et ne tombons pas dans les comparaisons caricaturales avec le privé".

Eric Woerth et Georges Tron recevront jeudi successivement les dirigeants de l'Unsa Fonction publique, de la FSU, de la CGC Fonction publique et de l'Uffa-CFDT Fonction publique.