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La vertu budgétaire de l'Allemagne sous le feu des critiques

L'Allemagne projette de réduire sa dette à hauteur de 60% du PIB d'ici à 2018.

L'Allemagne projette de réduire sa dette à hauteur de 60% du PIB d'ici à 2018. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le gouvernement allemand a présenté, mercredi 12 mars, un budget pluriannuel, qui sera à l'équilibre dès 2015. Mais l'opposition et la presse allemande dénoncent des "tours de passe-passe" comptables.

Alors que la France peine à convaincre de sa capacité à résorber ses déficits, l'Allemagne continue de s'afficher en championne de la vertu budgétaire.

Mercredi 12 mars, le gouvernement allemand a ainsi présenté à la presse le détail de ses budgets pluriannuels. Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, a fièrement annoncé un retour à l'équilibre dès l'année 2015.

"Nous tenons parole. Nous voulons sortir de cette législature sans nouvelle dette budgétaire", a-t-il insisté.

Le poids de la dette se réduit

Dans le détail, le déficit budgétaire de 2014, abaissé à 6,5 milliards d'euros contre 22,1 milliards en 2013, devrait être réduit à zéro en 2015 et s'y maintenir jusqu'à 2018 au moins.

En conséquence, l'Allemagne devrait continuer de réduire le poids de sa dette, actuellement de 76% du PIB, à "moins de 70%" d'ici à 2018, dixit le ministre allemand des Finances. Puis à 60% d'ici "moins de dix ans".

"Nous suivons les règles du pacte de stabilité et, de ce fait, nous ne demandons rien aux autres que nous n'appliquons pas nous-mêmes", a expliqué Wolfgang Schäuble.

L'exécutif allemand mise notamment sur la bonne conjoncture qui devrait lui permettre d'accélérer la croissance et d'augmenter ainsi ses recettes fiscales.

Tour "de passe-passe"

Mais l'opposition et la presse allemandes ont été promptes à évoquer des "tours de passe-passe". Berlin va ainsi couper dans l'allocation accordée aux caisses publiques d'assurance-maladie, lui permettant de dégager six milliards d'euros sur deux ans.

Une décision qualifiée de "pas sérieuse et injuste à la puissance dix" par Sven Kindler, député vert de l'opposition. De son côté, le libéral Volker Wissing estime que le gouvernement fait endosser par les assurés le financement de son budget puisqu'en cas de retournement de situation, ce sont eux qui paieront des cotisations plus élevées.

La nouvelle "grande coalition" d'Angela Merkel est aussi critiquée pour la timidité de sa politique d'investissement. Ils vont augmenter en 2014 de seulement un milliard d'euros quand les recettes fiscales doivent augmenter de 9 milliards.

Bruxelles à l'affut

"La grande coalition se vante d'augmenter les investissements dans les routes et le rail, mais à tort. Elle ne fait qu'éviter que les dépenses ne baissent encore plus", commentait le journal régional Schwäbischer Tagblatt mercredi.

Une critique qui touche une thématique sensible à Bruxelles et dans le reste de l'Europe. Au terme d'une enquête sur l'important excédent des comptes courants de l'Allemagne, source de déséquilibre, la Commission européenne a de nouveau recommandé au pays, la semaine dernière, d'investir plus et de soutenir davantage sa demande intérieure.

J.M. avec AFP