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La croissance de l'Allemagne et de la France ont été proches en 2013

Les économies françaises et allemandes serait-elles en train de converger?

Les économies françaises et allemandes serait-elles en train de converger? - -

Les instituts de la statistique français et allemands ont chacun publié, ce 14 février, des chiffres de la croissance étonnamment similaires. Faut-il comprendre que leurs économies se valent ?

Le niveau de la croissance française a frôlé celui de la croissance allemande au quatrième trimestre 2013. Selon les chiffres publiés par l'Insee, l'Hexagone a vu son PIB augmenter de 0,3% en 2013. Soit un tout petit 0,1 point de moins que l'évolution du PIB allemand, de 0,4%, selon Destatis.

Hormis le plongeon de la croissance en 2009, plus accentué outre-Rhin, le différentiel de croissance entre l'Allemagne et la France n'avait plus été aussi bas depuis 2006. Peut-on en conclure pour autant que l'économie française rattrape sa voisine?

> Des fondamentaux économiques très différents

"Ces données sont étonnantes", estime Sabine Le Bayon, économiste à l'OFCE. Les structures économiques de ces deux pays devraient en principe avantager Berlin. Le marché du travail se porte bien mieux en Allemagne, où "le chômage est stable à un niveau bas", alors qu'il reste au-dessus des 10% des actifs en France, constate-t-elle.

En outre, "les finances publiques sont bien plus saines outre-Rhin", estime Jean-Charles Simon, économiste et fondateur @FactaMedia, un site dédié à l'analyse de données. Dès lors, seuls des éléments conjoncturels peuvent expliquer ces performances similaires.

> Un acquis de croissance allemand qui pèse

La mauvaise fin d'année 2012 pour le PIB allemand a légèrement handicapé la moyenne annuelle de 2013. "La croissance, hors effets d'acquis, serait de 0,4% pour la France, 0,7% pour l'Allemagne", souligne Sabine le Bayon. Un écart qui lui paraît déjà plus "cohérent".

> Un attentisme des ménages allemands?

Le détail des composantes de la croissance allemande sur l'année ne paraîtra que le 25 février. Mais sur le quatrième trimestre, si les résultats à l'export ont été bons des deux côtés du Rhin, la consommation a été plus faible en Allemagne qu'en France.

"Les élections ont peut-être joué un effet psychologique sur les ménages allemands", avance Sabine Le Bayon. Un "effet d'attentisme lié à la conclusion tardive, en novembre 2013, de l'accord de coalition", poursuit-t-elle.

Les socialistes du SPD, avec qui devait négocier Angela Merkel pour former son gouvernement, réclamaient des hausses d'impôt. Il pourrait y avoir eu "une hausse du taux d'épargne des ménages en prévision", s'interroge l'économiste.

> Le retour du différentiel en 2014

En dehors de ces éléments, "la croissance allemande est plus saine, elle tire plus profit de la croissance mondiale parce qu'elle est mieux placée à l'export", considère Jean-Charles Simon. De ce fait, en 2014, l'écart entre les deux économies va se creuser à nouveau. Le gouvernement allemand prévoit 1,8% de croissance sur l'année, contre 0,9% pour la France.

Nina Godart